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Retrait de l'âge pivot: les opposants critiquent "une manipulation" du gouvernement, la majorité se félicite

Le Premier ministre Édouard Philippe (photo d'illustration)

Le Premier ministre Édouard Philippe (photo d'illustration) - Lucas Barioulet - AFP

Nombreux sont les opposants au gouvernement à appeler à la vigilance, certains dénonçant une "embrouille".

Ce samedi après-midi, le Premier ministre Édouard Philippe a annoncé être "disposé à retirer", sous conditions, l'âge pivot de 64 ans du projet de réforme des retraites dans un courrier aux partenaires sociaux.

Une décision bien accueillie par les syndicats réformistes dont la CFDT et Laurent Berger, qui évoque "une victoire" sur Twitter.

"Manipulation" 

Une satisfaction qui est loin de faire l'unanimité, surtout chez les opposants politiques au gouvernement. Certains restent encore circonspects, dont la leader du Rassemblement national Marine Le Pen, qui assure que ce retrait est une "manipulation."

 "J'avais donc raison. L'âge pivot n'existait que pour pouvoir être retiré et faire passer la pilule d'une réforme qui précarisera des millions de retraités. Cette manipulation était cousue de fil blanc!" 
"Je ne peux qu'appeler les Français à la vigilance, qu'ils prennent conscience que nous sommes toujours sur une réforme des retraites qui est profondément injuste", avait-elle ajouté quelques minutes plus tôt à l'antenne, de BFMTV.

De son côté, l'homme fort de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan, assure que ce retrait est un piège.

"Sans surprise, Edouard Philippe annonce retirer provisoirement l'âge pivot de la réforme des retraites. Ne tombons pas dans son piège, le pire du projet reste en vigueur: les pensions vont massivement baisser et la valeur du point pourra être réduite!" 

La gauche appelle toujours au retrait de la réforme

Plus à gauche, Olivier Faure, Premier secrétaire du Parti socialiste, fait également montre de prudence, et réclame le retrait total du projet de loi de réforme des retraites.

"On nous demande de voter une réforme définitive en échange d'un retrait provisoire de l'âge Pivot. Pas de réforme possible sans financement, ni simulations sur les situations individuelles. C'est tout le projet de loi qui doit être retiré dans l'attente d'une vraie négociation et d'une vraie évaluation", écrit-il. 

Du côté de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon estime que "le gouvernement ajoute de l'embrouille aux embrouilles précédentes." 

"Les premières réactions c'est plus d'angoisse du lendemain et plus de méfiance. Dans cette confusion il serait plus simple de retirer le projet et de reprendre tout à zéro", poursuit-il.

Le député insoumis Adrien Quatennens lui emboîte le pas, expliquant que le gouvernement "nous (prend) pour des imbéciles!"

"Le gouvernement pourrait provisoirement arrêter de nous prendre pour des imbéciles! Il retire provisoirement la cerise de l'âge-pivot. Pas dupes, restons mobilisés jusqu'au retrait définitif de son gâteau! La retraite par points, c'est travailler plus pour gagner moins", martèle-t-il, toujours sur Twitter.

La majorité présidentielle satisfaite

En revanche, nombreux sont les députés LaREM et proches d'Emmanuel Macron à se féliciter de cette décision. "Le dialogue social, ça marche", se réjouit Aurore Bergé, toujours sur Twitter.

"Un bon compromis qui consacre un régime universel plus juste et porteur de progrès social, une conférence de financement pour garantir l'équilibre dès 2027, une loi votée à l'été qui garantit justice sociale et esprit de responsabilité", explique-t-elle. 
Pour Sacha Houlié, "le Gouvernement propose les modalités de la conférence de financement et le retrait de l'âge pivot de l'avant projet de loi! C'est une avancée majeure pour réussir ensemble la juste et nécessaire réforme des retraites!" 

Toujours sur les réseaux sociaux, le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand évoque un "compromis" qui devrait permettre "d'avancer."

"Le compromis pour avancer a été trouvé par Édouard Philippe et les partenaires sociaux qui veulent la transformation et la pérennité de notre système de retraites. Cette avancée permettra plus de justice et de solidarité entre les générations." 

Proche de longue date d'Emmanuel Macron, l'homme fort du MoDem et éphémère Garde des sceaux, François Bayrou, a enfin écrit que l'accord "mérite d'être salué." 

"L'accord négocié entre le gouvernement, les centrales syndicales réformistes et les organisations patronales, dont le texte vient d'être rendu public, mérite d'être salué. Les points en débat sont arbitrés dans un esprit de responsabilité. La France en a besoin!" 
Hugo Septier avec AFP