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Emplois fictifs présumés au FN: nouvelles mises en examen dont celle de Nicolas Bay

Marine Le Pen et Nicolas Bay au Parlement européen

Marine Le Pen et Nicolas Bay au Parlement européen - SEBASTIEN BOZON / AFP

Interrogé par BFMTV, Nicolas Bay s'est exprimé à propos de sa mise en examen dans le cadre des emplois présumés fictifs du FN au Parlement Européen, dénonçant "une persécution judiciaire".

L'eurodéputé du Rassemblement national (RN, ex-Front national) Nicolas Bay et le garde du corps de Marine Le Pen, Thierry Légier, rémunéré comme assistant parlementaire ont été mis en examen dans le cadre de l'affaire des emplois présumés fictifs du FN au Parlement européen, a appris BFMTV d'une source proche de l'enquête, confirmant une information de l'Agence France-Presse (AFP).

Nicolas Bay, dont le nom circule pour conduire la liste du Rassemblement national aux élections européennes, a lui été mis en examen le 8 juin pour "abus de confiance".

Le même chef de délit avait été retenu à l'encontre de la présidente du RN Marine Le Pen en juin 2017. Thierry Légier a lui été mis en examen le 18 avril pour "recel d'abus de confiance".

"Persécution judiciaire" par un syndicat "d'extrême-gauche"

Contacté par BFMTV, Nicolas Bay a réagi et affirmé que la procédure fait partie de "la persécution judiciaire" dont son mouvement serait l'objet:

"Cette mise en examen (...) m’a été signifiée par Mme Claire Thépaut, juge d’instruction et membre du syndicat de la magistrature, organisation d’extrême-gauche".

Concernant les faits qui lui sont reprochés, il a démenti l'accusation selon laquelle Timothée Houssin aurait bénéficié d'un emploi fictif auprès de lui au Parlement européen.

"M. Timothée Houssin, qui fut mon assistant parlementaire de juillet 2014 à mars 2015 a effectivement accompli sa mission à mes côtés. Il était par ailleurs un militant politique et un élu. Il l’était avant d’être mon assistant parlementaire, il a continué de l’être durant la période où il était mon collaborateur et il l’est encore aujourd’hui alors qu’il n’est plus mon assistant parlementaire."

Deux autres mises en examens 

Deux autres anciens assistants ont par ailleurs été mis en examen jeudi dernier pour "recel d'abus de confiance". Il s'agit notamment de Micheline Bruna, qui était assistante au Parlement européen entre autres de Marine Le Pen et de Bruno Gollnisch alors qu'elle était en même temps secrétaire particulière de Jean-Marie Le Pen.

L'autre assistant est Guillaume L'Huillier, poursuivi pour son emploi présumé fictif auprès de Marine Le Pen puis de Bruno Gollnisch "mais travaillant en réalité comme directeur de cabinet de Jean-Marie Le Pen", d'après l'une des sources.

Bruno Gollnisch a lui-même été mis en examen vendredi pour "abus de confiance".

2 millions d'euros saisis par la justice

La menace judiciaire s'est encore renforcée ce week-end autour du Rassemblement national avec l'annonce d'une saisie de 2 millions d'euros d'aides publiques dues au parti ordonnée le 28 juin par les juges d'instruction.

Les magistrats qui enquêtent sur cette affaire, dont le préjudice estimé par le Parlement européen est de 7 millions d'euros pour la période 2009-2017, l'ont justifiée notamment par "la situation d'endettement du parti".

Dans leur ordonnance dont a eu connaissance l'AFP, ils redoutent en effet que "cette somme soit affectée au remboursement d'emprunts" et que la "dissipation" de cet argent ne prive un tribunal de recouvrer des dommages et intérêts en cas de condamnation.
L.D. avec Mélanie Vecchio et l'AFP