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Congrès de Versailles: en baisse dans les sondages, Macron veut se relancer

Emmanuel Macron le 30 juin 2018 à l'Elysée.

Emmanuel Macron le 30 juin 2018 à l'Elysée. - REGIS DUVIGNAU / POOL / AFP

Plus d'un an après son élection, Emmanuel Macron convoque une nouvelle fois les deux chambres du Parlement, dans un contexte assez tendu.

Pour la deuxième fois depuis le début de son mandat, Emmanuel Macron convoque ce lundi le Parlement en Congrès à Versailles, durant lequel il tiendra un discours de politique générale. Contrairement à l’année passée, lorsque ce rendez-vous s’était tenu quelques semaines seulement après son élection, la popularité du chef de l’Etat semble mise à mal.

Si du côté de l'Elysée, on feint l'absence d'inquiétude face aux sondages, expliquant que le président, lors de ses déplacements, est confronté à des Français très accueillants. Ce qui inquiète en revanche davantage est l'érosion de sa popularité chez les sympathisants de droite, et de la majorité, notable depuis quelques semaines dans les sondages.

En ce mois de juillet, sa cote de popularité connait un ralentissement sans précédents. D'après le baromètre Elabe pour Les Echos et Radio Classique publié ce jeudi, le chef de l'Etat n'obtient que 34% de bonnes opinions, soit une baisse de 6 points. Même registre du côté du baromètre Kantar Sofres One Point pour Le Figaro Magazine: avec seulement 32% de Français qui lui font confiance, il chute de 6 points. Chez Harris Interactive, dans le baromètre du 29 juin, la baisse est de 7 points, la cote du chef de l'Etat atteignant les 40%. Comme le note l'institut Elabe, Emmanuel Macron connaît sa plus forte baisse depuis le début du quinquennat.

L'écart se creuse entre les classes sociales

Au total, 6 Français sur 10 déclarent ne pas lui faire confiance, dont un tiers (31%) n'ont "pas du tout" confiance. Le chef de l'Etat baisse en outre auprès de très nombreuses catégories de population: notamment chez les retraités (-6 points, à 34%), chez les jeunes âgées de 18 à 24 ans (-16 points, à 32%), chez les habitants des communes rurales (23%, -11 points), mais aussi chez les personnes âgées de 50 à 64 ans (31%, -10 points). L'écart se creuse en outre entres les différents classes sociales, avec par exemple 38 points d'écart entre le taux de confiance des cadres et les CSP+ d'une part, et celui des ouvriers et employés d'autre part.

Macron est en baisse dans les sondages.
Macron est en baisse dans les sondages. © Capture BFMTV

Les polémiques s'enchaînent

D'après Jean-Daniel Lévy, invité de BFMTV ce jeudi, cette chute dans les sondages englobe deux phénomènes: tout d'abord des interrogations sur la politique sociale de l'exécutif, qui tarde à se manifester, et des interrogations sur la personnalité d'Emmanuel Macron. Sur notre antenne, le directeur du département politique et opinion d'Harris Interactive dénote "une critique assez nette" envers le chef de l'Etat, "une tonalité d'un président qui se sert plus qu'il ne sert les Français".

"On peut citer une accumulation de petits événements qui ont déstabilisé les Français", estime-t-il, énumérant la polémique sur le Falcon utilisé pour une courte distance, celle sur la construction d'une piscine au Fort de Brégançon, ou encore celle sur le remplacement à grands frais de la vaisselle de l'Elysée par la manufacture de Sèvres.

"Les conséquences politiques sont d’autant plus notable que c’est Emmanuel Macron en tant que personne qui a été élu. Il y avait une attente autour de ce qu’il représentait personnellement. Il y a une perception d’arrogance depuis plusieurs mois. Cela n’avait pas eu de conséquences jusque-là en terme d’opinion car il était regardé en comparaison avec François Hollande. Mais là on est passés dans une autre séquence", ajoute le sondeur. 

Un phénomène commun à tous les présidents?

Pour Guillaume Tabard, le phénomène est aussi "structurel" et commun à tous les présidents. "Pendant les premiers mois après leur élection, ils sont crédités d’être l’inverse de leur prédécesseur, et ça, ça marche un temps. Au bout d’un moment la réalité les rattrape, ils sont jugés pour leurs résultats, pour ce qu’ils sont", avance l'éditorialiste du Figaro. 

Si elle prend acte de cette baisse, la députée LaREM des Yvelines, Yaël Braun-Pivet, estime "normal" que "l'enthousiasme s'érode et que les Français manifestent une impatience".

"Toujours est-il que nous sommes au travail nuit et jour, que les réformes sont là. Maintenant, c’est vrai, il nous faut des résultats. La perception qu’en ont les Français est fondamentale, ça il faut l’entendre, pour remettre peut-être en cohérence toutes les réformes pour montrer quel est le cap que l’on suit. Je pense que c’est un des objectifs du Congrès", explique l'élue sur notre antenne. "C’est notre rôle à nous d’expliquer aux Français, je prends ma part, c’est peut-être à nous de le faire mieux", concède la députée.
Charlie Vandekerkhove