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Candidature de Macron: Hollande et ses fidèles au plus mal

Le président de la République François Hollande le 1er décembre 2016

Le président de la République François Hollande le 1er décembre 2016 - BFMTV

François Hollande était à Marrakech ce mercredi alors qu'Emmanuel Macron, son ancien protégé, se lançait officiellement dans la course à l'Elysée. Cette annonce vient affaiblir un peu plus la position d'un chef de l'Etat déjà mal en point...et embarrasse ses partisans.

Emmanuel Macron a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle alors que François Hollande participait ce mercredi à un sommet sur l’Afrique à Marrakech (Maroc), en marge de la COP 22. Interrogé sur l’entrée en campagne de celui dont il avait fait son conseiller à l’Elysée puis son ministre de l’Economie, le chef de l’Etat s’est montré plus qu’évasif: "Je ne parlerai pas de la politique intérieure française alors que je suis là pour parler de la planète."

Une politique du silence

Visiblement, cette loi du silence s’est imposée comme élément de langage auprès de tous les derniers fidèles de la "Hollandie". Comme le remarque Libération, ceux-ci se donnent du mal pour feindre de ne pas faire cas de l’entrée en campagne d’Emmanuel Macron. "Cela ne m’intéresse pas" est une des réponses rituelles opposées aux journalistes.

Pas question de passer à l’offensive, ni même, pour l’heure, de faire de l’ancien protégé de l’exécutif un ingrat. Le mot d’ordre est le suivant: "Ne pas taper sur Macron". Cette omerta vise autant à ne pas ajouter de publicité à la décision de l’ex-ministre, à ne pas accentuer le spectacle de division offert par la majorité…qu’à ne pas insulter l’avenir.

Car selon ses proches, le Président reste persuadé qu'Emmanuel Macron n'a pas encore totalement rompu avec son ancien mentor. Selon RTL, il pense être encore en mesure de le persuader de le rallier à sa cause, en lui proposant par exemple un poste de Premier ministre. Dans son esprit, la situation pourrait être la même que celle de Michel Rocard en 1981: il s'était alors présenté à la présidentielle, puis avait fini par reculer lors de l'entrée en lice de François Mitterrand.

Un président menacé sur tous les flancs

François Hollande et ses partisans doivent se garder de tous les côtés. En plus des menées d’Emmanuel Macron, l’allure de plus en plus décidée de Manuel Valls commence à inquiéter. Lundi dernier, dans le Pas-de-Calais, le chef du gouvernement ne faisait pas mystère de son ambition: "Le pays attend de la force, et j’ai cette force." Ce mercredi, à Cergy (Val d’Oise), il a cette fois-ci développé sa vision d’une "République bienveillante".

Les efforts de Manuel Valls pour se présenter comme apte à se glisser dans les habits présidentiels conjuguées à la candidature désormais officielle d’Emmanuel Macron ne peuvent qu’étourdir encore un peu plus un président dont la position était déjà bien fragilisée. Le Premier secrétaire du Parti socialiste, Jean-Christophe Cambadélis, l’avait reconnu déjà ce mardi en évoquant le cas Emmanuel Macron: "C’est très embêtant".

Pousser le père vers la sortie

Invité de Nathalie Lévy ce mercredi soir, le sénateur-maire de Lyon, Gérard Collomb, fervent soutien de l'ancien titulaire du portefeuille de l'Economie, a évoqué la délicatesse de la position du chef de l’Etat. Il y est même allé de son faire-part de fin de règne: "Hollande a longtemps considéré Macron comme son fils spirituel, les pères doivent s'effacer devant les fils, c'est douloureux mais naturel." Pour ce qui est du côté douloureux de la chose, le président de la République partage assurément ce constat.

Robin Verner