BFMTV
Gouvernement

Favori des sondages, Manuel Valls se prépare pour 2017

François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016.

François Hollande et Manuel Valls, le 30 juin 2016. - Stéphane de Sakutin - AFP

Alors qu'un nouveau sondage le donne gagnant à la primaire de la gauche dans l'hypothèse où il se présenterait, Manuel Valls se tient prêt pour 2017.

"Le pays attend de la force, et j'ai cette force", a déclaré Manuel Valls lundi, en clôture d'un discours rassembleur prononcé dans le Pas-de-Calais. "J’ai cette force, comme chacun d’entre vous sur le territoire pour aider la nation", a précisé le Premier ministre, prenant son auditoire à témoin. Une précision qui ne figurait pas dans le discours d'origine, transmis aux rédactions, comme le note notamment Le Figaro.

"Il faut de la force, et j'ai cette force, pour aider la Nation, cette communauté de destin, à se penser davantage rassemblée, unie", prévoyait-il de dire, cette fois sans équivoque. Ce changement n'est pas anecdotique. Manuel Valls multiplie les signes qui attestent de son entrée dans la course pour 2017. Mais il semble vouloir encore ménager sa loyauté envers François Hollande.

Meilleur candidat de la gauche

La "force" de Manuel Valls, ces dernières semaines, c'est pourtant son détachement vis-à-vis du chef de l'Etat. Un positionnement qui paye dans les sondages, puisqu'il apparaît à gauche comme la personnalité préférée des Français. Dans une nouvelle étude d'opinion Ipsos Sopra Steria publiée ce mardi dans Le Parisien, il est aussi le meilleur candidat de la gauche si Hollande ne se représente pas.

Avec 37%, Manuel Valls est le "bon candidat", devant Arnaud Montebourg (32%), Ségolène Royal (30%) et Martine Aubry (27%), mais aussi Bernard Cazeneuve, Jean-Yves Le Drian et Benoît Hamon. Dans le détail, chez les sympathisants de gauche il l'emporte avec 47%, et au sein du PS avec 62%, loin devant Montebourg (41% dans les deux catégories).

Devant Montebourg à la primaire

Même avantage solide dans la primaire de la gauche, prévue pour janvier prochain. Dans l'hypothèse de sa candidature, Manuel Valls l'emporterait dans tous les cas, révèle cette fois un sondage BVA réalisé en ligne du 3 au 13 novembre auprès de 9.206 personnes inscrites sur les lignes électorales. Au 1er tour, il rassemble 44% d'intentions de vote, contre 32% pour Arnaud Montebourg et 13% pour Benoît Hamon. Si Emmanuel Macron était également candidat, Manuel Valls s'imposerait également au 1er tour avec 34% d'intentions de vote, contre 24% à l'ex-ministre de l'Economie.

Au second tour, il l'emporterait avec 57% face à Arnaud Montebourg (43%). Contre Emmanuel Macron, la victoire serait encore plus nette pour le Premier ministre, crédité de 58% d'intentions, contre 42% pour le fondateur d'En Marche!. 

Incarner la "présidentialité"

Dans le même sondage, François Hollande ne connaît pas le même sort. Dans l'hypothèse où il serait candidat et pas Manuel Valls*, il sortirait en tête au premier tour (40%) face à Arnaud Montebourg (34%). Il serait battu par Emmanuel Macron avec 27% contre 28% pour l'ancien ministre de l'Economie.

Au deuxième tour, le chef de l'Etat l'emporterait face à Emmanuel Macron en cas de duel (50,5% contre 49,5%). Un face-à-face avec Arnaud Montebourg lui serait en revanche défavorable, car il perdrait avec 48% d'intentions, contre 52% pour son ancien ministre du redressement productif.

Conscient de ces succès, Manuel Valls n'agit donc pas au hasard. Le Parisien voit par exemple comme un signe le fait qu'il soit parti le dernier des commémorations du 13-novembre dimanche. L'occasion pour lui de serrer des mains en étant sûr d'être dans le champ des caméras. Pour le quotidien, il est "paré de ses habits d'homme d'Etat", et pour plusieurs de ses proches, interrogés, il incarne une "présidentialité", celle "que les Français attendent", et "que Hollande a liquidée". 

Etre Octave plutôt que Brutus

Malgré sa détermination, il n'a cependant pas résolu son principal problème: comment ne pas s'imposer comme un autre Brutus, le surnom donné à Emmanuel Macron, et ne pas s'imposer en rival de son président? Pour L'Opinion, cette question est tranchée. D'après plusieurs de ses proches, il sera candidat à la primaire même si le président ne l'est pas. 

Un scénario que Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV, pense quant à lui impossible. "Il ne peut pas être Brutus assassinant Jules César, il doit être Octave, l'autre fils, le vrai fils, loyal", prévient-il. Octave, celui qui est devenu Auguste, le premier empereur romain.

*Dans cette hypothèse, François Hollande serait face à Arnaud Montebourg, Benoît Hamon, Marie-Noëlle Lienemann, Gérard Filoche, Sylvia Pinel, François de Rugy et Jean-Luc Benhamias. Les intentions de vote reposent sur la base des personnes se disant certaines de voter à la primaire et ayant exprimé une intention.

Charlie Vandekerkhove