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Benoît Hamon lance le "mouvement du 1er juillet" avec la volonté de "refaire la gauche"

Benoît Hamon lors du lancement de son "mouvement du 1er juillet"

Benoît Hamon lors du lancement de son "mouvement du 1er juillet" - JACQUES DEMARTHON / AFP

Après sa lourde défaite lors des élections présidentielles puis législatives, Benoît Hamon lance ce samedi son propre mouvement citoyen transpartisan pour refonder la gauche.

Benoît Hamon entame son retour sur la scène politique. Après avoir volé la vedette à Emmanuel Macron il y a deux jours sur Twitter, l’ancien candidat socialiste à la présidentielle lance ce samedi son "mouvement du 1er juillet" pour "refaire la gauche". "Benoît Hamon a souhaité proposer la construction d'un mouvement à toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans une gauche nouvelle, citoyenne, intellectuelle, sociale, écologiste et européenne, qui invente des solutions de progrès face aux grandes évolutions du monde", explique le tract de présentation de l'événement qui se déroule à Paris.

"Le mouvement du 1er juillet sera un mouvement citoyen, populaire et décentralisé, et l'objectif est qu'il soit le plus grand possible", a précisé Benoît Hamon à Mediapart vendredi. Celui qui a récolté 6,5% des voix lors de l’élection présidentielle a su garder à ses côtés des soutiens de la première heure. Sans surprise donc, les anciens ministres Philippe Martin et Dominique Bertinotti, l'écologiste Cécile Duflot étaient présents pour le lancement du mouvement sur la pelouse de Reuilly dans le XIIe arrondissement de la capitale.

Entre le "moi Jupiter" et le "moi populiste"

Benoit Hamon s'est présenté comme une alternative à Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, qui se revendique pourtant comme la voix de la gauche. "Ce n’est pas pour autant qu’il est le leader de la gauche puisqu’il ne parle plus, lui-même, désormais au nom de la gauche c’est la raison pour laquelle on a besoin de régénérer la gauche, a -t-il estimé. Je pense que le dégagisme est une forme très très appauvrie du socialisme."

Avant d'ajouter devant 11.000 personnes, selon l'organisation: "Entre moi Jupiter et moi populiste, il y a nous!", a scandé l'ancien candidat à la présidentielle. 

Pour les personnalités politiques présentes, il s’agit désormais d’aller de l’avant:

"Je pense que c’est dans la continuité de la primaire pour la présidentielle et de la présidentielle. Nous avons pris acte des résultats et il nous faut refaire la gauche. Nous pensons qu’il faut dépasser les cadres traditionnels de nos partis et qu’il faut garder cette dynamique qui s’est instaurée avec les écologistes, avec les mouvements associatifs, avec des citoyens qui se sont engagés pour la première fois", explique Dominique Bertinotti, ex-ministre déléguée à la Famille, sur BFMTV.

Pas de parti

Benoît Hamon récuse en revanche le terme de "parti", insistant sur le fait que le mouvement n’a pas vocation à présenter des candidats aux élections. "Dire que l’on crée un nouveau parti, c’est déjà fermer des portes", assure-t-il. Le mouvement se structurera en revanche en "comités locaux" qui pourront s'appuyer sur une "plateforme collaborative", dont une première version sera lancée ce samedi (www.mouvementdu1erjuillet.fr).

Non sans rappeler les démarches impulsées par Emmanuel Macron et Jean-Luc Mélenchon, Benoît Hamon a promis que "l’adhésion (au mouvement, ndlr) sera extrêmement simple, et l’on pourra le rejoindre en un clic". Il juge toutefois les forces politiques lancées par ses adversaires trop peu démocratiques. Il propose ainsi de "lancer à la rentrée de septembre un processus d’états généraux de toute la gauche", qui doit permettre à la gauche de dessiner "les contours et le projet d’une future maison commune", avec en ligne de mire deux "rendez-vous électoraux majeurs: les municipales et l'élection présidentielle".

Quid du Parti socialiste?

Après deux lourdes défaites aux élections présidentielles puis législatives, Benoît Hamon bénéficie-t-il seulement de la légitimité nécessaire pour être le leader de la refondation de la gauche? Sans nier ces deux échecs, l’ancien ministre devenu frondeur pense n'en être qu'en partie responsable. Il estime que sa campagne "a rencontré un écho bien plus large que les suffrages portés sur (son) nom". "Toutes les graines que nous avons semées ont éclos rapidement", a-t-il affirmé auprès de Mediapart.

Depuis ces désillusions, Benoît Hamon s'est détaché du Parti socialiste et a affirmé vouloir se "tenir à l’écart durablement des jeux partisans". Preuve en est sa présence à la Marche des Fiertés de Paris samedi dernier quand se déroulait au même moment Conseil national du PS. Il assure toutefois que son initiative n’est pas "hostile" au Parti socialiste, qui sera un "interlocuteur parmi d’autres" du mouvement. Il ne s’agit pas non plus de créer un "sous-courant" du PS que le mouvement du 1er juillet doit déborder, affirme-t-il.

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Benoît Hamon

P.L avec AFP