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A Paris, Benoît Hamon fait son baroud d'honneur devant 20.000 sympathisants

Les sympathisants de Benoît Hamon avaient rendez-vous Place de la République à Paris ce mercredi en début de soirée pour y entendre le dernier grand meeting du candidat socialiste à la présidentielle. Sous le soleil et devant des sympathisants enthousiastes, ce dernier a voulu essayer de convaincre une ultime fois.

Il s'agissait du dernier grand meeting de la campagne de Benoît Hamon. Le candidat à la présidentielle désigné par la primaire à gauche a voulu en faire un rassemblement festif et multiforme. Dès 17h, les curieux pouvaient circuler sur la place parisienne pour interroger les conseillers du prétendant à l'Elysée sur des points du programme. Après ces discussions, le rendez-vous a pris un tour plus classique. Sur l'estrade, on reconnaissait deux ministres en exercice: Emmanuelle Cosse et Najat Vallaud-Belkacem. Parmi les proches du candidat, Yannick Jadot, l'écologiste, et Martine Aubry, la maire de Lille, ont pris la parole. 

Le premier a commencé par s'en prendre aux rivaux de Benoît Hamon, n'hésitant pas à accuser Jean-Luc Mélenchon, de "complaisance" avec des dictateurs: "Est-ce qu'on vote pour des yeux bleus? Pour une candidate qui danse sur les victimes des attentats? Pour le candidat des affaires? (...) Est-ce que la France votera pour Mélenchon? Avec Benoît Hamon, aucune complaisance avec les dictateurs!" Martine Aubry, quant à elle, a décoché une flèche à l'attention des membres du Parti socialiste partis rejoindre Emmanuel macron, au premier rang desquels Manuel Valls:

"Sont-ils socialistes ceux qui n'ont pas respecté le verdict de la Primaire? Oublions les!"

Contre l'extrême-droite et le vote utile

Ensuite, la scène était à Benoît Hamon. Visiblement, celui-ci avait choisi de mener par la bride deux chevaux de bataille. Tout d'abord, il s'est opposé à l'extrême-droite. Il a choisi de faire l'éloge de la diversité des Français: "J’aime le peuple que nous sommes. Oui, j’aime le visage magnifique de la République! J'aime la France que vous êtes! J’aime la mosaïque sublime de vos dizaines de milliers de visages qui représente l’avenir de la République." Il a ensuite fait mine de s'interroger: "Allons-nous laisser des temps sombres, des personnages obscurs et leurs idées noires éteindre le pays des Lumières?"

Puis, Benoît Hamon s'est emporté contre la notion de "vote utile": "Je ne vous appelle pas à un vote utile. Au nom de quoi d’ailleurs? Je déteste cette expression. Je vous appelle à être libre. Je vous appelle à un vote de raison, de conviction, un vote sur l’avenir. Je vous demande de me rejoindre, non par fidélité à ma personne, encore moins par fidélité à un parti car je sais que vous vous êtes souvent sentis trahis et, croyez-moi, je sais de quoi je vous parle. Je vous demande d’être fidèle à vous-mêmes." Il a poursuivi: "À vous de décider, de choisir non pas un nom sur un bulletin dimanche, mais quelle société, quel peuple vous voulez être!" Il faut dire que cette logique du vote utile pourrait lui être préjudiciable dans la mesure où les enquêtes d'opinion le montre coincé sous les 10% des intentions de votes, loin derrière son concurrent à gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui approche des 20%. 

Une affluence modeste

Le représentant de la "France insoumise" à la présidentielle avait frappé un grand coup il y a un mois, presque jour pour jour, sur cette même Place de la République en y réunissant 130.000 personnes selon les estimations de son équipe. L'affluence au meeting du candidat du PS était donc un enjeu important de la journée. Sur scène, Benoît Hamon a livré un chiffre beaucoup plus modeste, là encore évalué par son entourage: "Vous êtes 20 000! Merci à toutes et tous de faire battre ensemble, si fort, le cœur de la République!"

Sur BFMTV, l'éditorialiste Bruno Jeudy s'est montré sceptique: "C'était un meeting un peu triste. Il a annoncé 20.000 personnes mais c'était sans doute deux fois moins selon les reporters sur place". 

Ruth Elkrief, journaliste de BFMTV également sur les lieux, a toutefois tenu à relativiser: "Pour Benoît Hamon, l'objectif était surtout de créer l'événement, pas de faire le plein de la même manière que Jean-Luc Mélenchon. Mais il y avait beaucoup de monde et il y avait de l'enthousiasme".

Pour récompenser cet enthousiasme, la soirée des sympathisants de Benoît Hamon venus à sa rencontre s'est clôt par des concerts.

dossier :

Benoît Hamon

Robin Verner