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Avant Rugy, ces politiques tombés après des révélations de Mediapart

Scandale de moeurs ou d'argent, personnalités de gauche ou de droite, la liste de responsables politiques poussés à la démission après la publication d'articles du site d'investigation ne fait que s'allonger depuis plus d'une décennie.

Fraude fiscale, conflit d'intérêts, agression sexuelle... Depuis sa création en 2008, le site d'investigation Mediapart a été à l'origine de la publication de nombreuses affaires sur des personnalités politiques de premiers plans. Alors que ses détracteurs qualifient son travail "d'acharnement", participant à la "République de la délation", BFMTV.com revient sur une décennie de scandales déjà épinglés par le pure-player, avant celui qui conduit à la démission de François de Rugy.

• 2018: Laura Flessel et les soupçons de fraude fiscale

Nommée par Edouard Philippe à la tête du ministère des Sports, Laura Flessel présente une démission inattendue en septembre 2018 pour "pour des raisons personnelles" afin de "retrouver des engagements passés, justement tournés vers l'humain, la solidarité et la coopération internationale". Des raisons pas si personnelles d'après le site d'investigation et le Canard enchaîné qui dévoilent que les services fiscaux auraient constaté des manquements dans ses déclarations à l'administration à propos de sa société Flessel & Co.

• 2016: Denis Baupin et les accusations d'agressions sexuelles

Vice-président de l'Assemblée nationale de 2012 à 2016, Denis Baupin est accusé dans une enquête de Mediapart et France Inter de harcèlement et d'agressions sexuels sur plusieurs de ses collaboratrices. Il a ensuite tenté de poursuivre les médias pour diffamation, en vain. En février 2019, l'ancien député écologiste est condamné pour procédure abusive.

• 2014: Aquilino Morelle et ses conflits d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique

Conseiller politique de François Hollande à partir de 2012, Aquilino Morelle démissionne en avril 2014, accusé de conflit d'intérêts avec l'industrie pharmaceutique, après la parution d'un article de Mediapart. Il est également pointé du doigt pour avoir pris la mauvaise habitude d'occuper régulièrement une salle de l'Elysée... afin d'y cirer ses chaussures.

• 2014: Thomas Thévenoud et sa "phobie administrative"

Éphémère secrétaire d'État au Commerce extérieur, Thomas Thévenoud démissionne du gouvernement Valls II après l'accusation de Mediapart de "retards de déclaration et de paiement" au fisc entre 2009 et 2013, qu'il tentera plus tard de justifier par une "phobie administrative". L'ancien député socialiste est condamné en 2017 à trois mois de prison avec sursis et un an d'inéligibilité pour fraude fiscale.

• 2013: Jérôme Cahuzac et la fraude fiscale en Suisse

Ministre délégué au Budget dans le gouvernement de Jean-Marc Ayrault, Jérôme Cahuzac est mis en cause dans un article du site d'investigation qui l'accuse de fraude fiscale avec des comptes en Suisse. Après avoir nié sur notre antenne "les yeux dans les yeux" détenir des comptes à l'étranger, il démissionne en mars 2013. Mis en examen à plusieurs reprises, il est reconnu coupable de "fraude fiscale" et de "blanchiment de fraude fiscale" en 2016, puis en appel en 2018.

• 2010: Eric Woerth et son conflit d'intérêts dans l'affaire Bettencourt

Ministre du Travail de François Fillon et trésorier de l'UMP, le site d'investigation reproche à Eric Woerth un conflit d'intérêts entre son épouse et Liliane Bettencourt, héritière du groupe L'Oréal. Ces accusations lui valent de ne pas être gardé dans le gouvernement lors du remaniement en novembre 2010. Mis en examen pour "trafic d'influence" et "recel de financement illicite de parti politique", Eric Woerth est finalement relaxé en 2015. "J'ai été traîné dans la boue", dénonce-t-il alors sur notre antenne.

• 2010: Alain Joyandet et ses trajets en jet privé

Le secrétaire d'État à la Coopération et à la Francophonie du gouvernement Fillon II est poussé à la démission à la suite de la publication d'un article de Mediapart qui dévoile une location d'un jet privé pour se rendre en Martinique lors d'une conférence pour la reconstruction d'Haïti. Facture du déplacement: 116.500 euros.

Une seconde affaire, publiée par le Canard enchaîné cette fois, le charge d'avoir obtenu illégalement un permis de construire pour agrandir sa résidence dans le Var. Deux écarts qui l'obligent à démissionner en juillet 2010. Depuis 2014, il est sénateur de la Haute-Saône.

Esther Paolini