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Affaire Bettencourt: Woerth, relaxé, dit avoir été "traîné dans la boue"

L'ancien ministre du Budget a été doublement relaxé jeudi dans deux volets de l'affaire Bettencourt. Invité de BFMTV, il a confié être "soulagé", et "sans esprit de vengeance".

Après cinq ans de procédure, Eric Woerth, qui a toujours clamé son innocence, a accueilli jeudi avec un immense soulagement sa double relaxe dans l'affaire Bettencourt. Invité de BFMTV, l'ancien ministre, désormais lavé des soupçons de trafic d'influence et d'abus de faiblesse envers Liliane Bettencourt, a regretté que "le procès se soit fait avant le procès, dans les médias" notamment.

"Dans ce genre de situation, vous ne pouvez rien faire, vous ne pouvez pas vous expliquer, car l'explication est toujours beaucoup plus difficile que l'accusation", a-t-il déploré. Rappelant l'affaire de l'hippodrome de Compiègne, pour laquelle il a obtenu un non-lieu au bout de quatre ans, l'ancien ministre du Budget estime qu'il a "été traîné dans la boue". "Il y a deux justices: celle des médias et de la place publique, qui vous condamne sans connaître le dossier, et l'autre justice."

La mise en examen, son "pire souvenir

Sur BFMTV jeudi soir, Eric Woerth a rendu toutefois hommage "à tous ces gens qui vous écrivent des courriers pour vous dire qu'ils croient en votre innocence quand vous êtes au plus bas. Ces gens, dont certains sont de gauche aussi, sont formidables. Ils assument le fait de ne pas courir avec la meute. Je trouve cela très positif pour notre pays."

Revenant avec émotion sur sa mise en examen, il dit avoir vécu là son "pire souvenir". "J'ai ce jour-là le sentiment que je suis presque condamné, et qu'on ne retient aucun élément à décharge." Et de raconter une étrange anecdote:

"Quand je rentre pour la première fois dans le cabinet du juge d'instruction, à Bordeaux, il y a collé à la porte un document qui dit: "Ici, même les portes sont condamnées"."

"Ce n'est pas la justice française, ça ressemble aux pseudo-procureurs médiatiques!", poursuit Eric Woerth. "Ca crée une certaine ambiance."

L'ancien ministre du gouvernement Fillon, avait été "forcé" de quitter son poste au Budget lors d'un remaniement en novembre 2010. Pour autant, Eric Woerth se dit aujourd'hui "serein" sur BFMTV: "Je suis quelqu'un qui oublie vite, je n'ai pas d'esprit de vengeance."

A. G.