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Après s'y être initialement opposé, Emmanuel Macron entrouvre la porte à une vaccination obligatoire pour tous

Emmanuel Macron, le 12 juillet 2021 au Grand Palais Ephémère

Emmanuel Macron, le 12 juillet 2021 au Grand Palais Ephémère - BFMTV

Le chef de l'Etat a annoncé ce lundi que la vaccination serait désormais obligatoire pour tous les personnels au contact de publics fragiles, tout en ne fermant pas la porte à une mesure plus large.

Face à la reprise épidémique qui frémit à la faveur de la prolifération du variant Delta, Emmanuel Macron a annoncé des mesures fortes ce lundi soir, au cours d'une allocution enregistrée depuis le Grand Palais Ephémère à Paris.

Une allocution largement tournée vers la vaccination contre le Covid-19, qui avait tendance à marquer le pas au cours des derniers jours. "Si nous n'agissons pas dès aujourd'hui, le nombre de cas va continuer à augmenter fortement", a justifié Emmanuel Macron.

"Nous avons pour faire face à cette nouvelle donne, un atout-maître, qui change tout par rapport aux vagues précédentes: le vaccin", a poursuivi le chef de l'Etat. "Plus nous vaccinerons, moins nous laisserons d'espace au virus pour se diffuser, plus nous éviterons les hospitalisations", a exhorté Emmanuel Macron, évoquant "une nouvelle course de vitesse qui est engagée" et "un été de mobilisation pour la vaccination".

Obligation vaccinale pour les soignants et personnels paramédicaux

Mais le président de la République n'est pas resté dans l'incantation, et a annoncé que la vaccination serait rendue obligatoire "pour les personnels soignants et non-soignants des hôpitaux, cliniques, maisons de retraite" ainsi que les professionnels et bénévoles auprès de personnes âgées, y compris à domicile.

Des contrôles auront lieu à compter du 15 septembre, et le cas échéant des sanctions seront actées, comme le révélait BFMTV peu avant l'allocution.

Une annonce qui en dit long sur le changement de position d'Emmanuel Macron au fil de la crise sanitaire. Le 27 décembre dernier, au premier jour de la campagne de vaccination, le locataire de l'Elysée se positionnait contre toute obligation:

"Je l'ai dit, je le répète: le vaccin ne sera pas obligatoire. Ayons confiance en nos chercheurs et médecins. Nous sommes le pays des Lumières et de Pasteur, la raison et la science doivent nous guider", avait-il écrit sur Twitter.

"Le choix de la confiance" pour l'heure

Près de sept mois après, le revirement est donc de taille. Voire se révéler à terme, plus large encore? Alors que la question d'une obligation en population générale était fréquemment soulevée ces derniers jours, Emmanuel Macron semble avoir entrouvert la porte:

"En fonction de l'évolution de la situation, nous devrons sans doute nous poser la question de la vaccination obligatoire pour tous les Français", a-t-il déclaré, précisant faire pour l'heure "le choix de la confiance", même si "nous devons aller vers la vaccination de tous les Français."

Si aucune obligation générale n'a été prononcée, le chef de l'Etat a toutefois fait d'autres annonces qui pourraient in fine faire converger les personnes non-vaccinées vers la nécessité de se faire administrer le sérum.

Le pass sanitaire, jusque-là nécessaire pour les événements réunissant plus de 1000 personnes, va voir son utilisation considérablement élargie, en deux temps: le 21 juillet prochain, il sera demandé pour tous les événements de plus de 50 personnes, et aussi les lieux de loisirs et de culture.

Début août, le document sera demandé pour accéder aux restaurants, bars, trains et avions ou encore pour les longs trajets en car. Il sera aussi nécessaire pour l'accès aux établissements médicaux.

De l'incitation à l'obligation?

Le pass sanitaire, papier ou numérique via l'application TousAntiCovid, consiste en un certificat de vaccination, un résultat test négatif récent, ou encore une attestation faisant état d'une contamination d'au moins quinze jours et de moins de six mois au Covid-19.

Dans un premier temps, les personnes ne souhaitant vraiment pas se faire vacciner pourront toujours réaliser un test PCR afin de se faire tester, mais cette possibilité sera considérablement réduite sous peu: à compter d'octobre, a également annoncé Emmanuel Macron, sauf prescription médicale, ces tests ne seront plus remboursés.

"Notre choix est simple: faire porter les restrictions sur les non-vaccinés plutôt que sur tous. C’est le sens du pass sanitaire qui sera étendu", a justifié Emmanuel Macron lundi soir.

"La solution, c'est le vaccin"

"Le choix qui est proposé par le président de la République, c'est un choix de liberté, celui de se vacciner ou pas, mais celui aussi, dès lors qu'on ne se vaccine pas et qu'on est prêt à s'exposer à un risque, mais aussi à exposer les personnels soignants, et celles et ceux qu'on pourrait rencontrer, de, au fond, assumer de se priver d'un certain nombre de lieux", a argué le chef de file des députés La République en Marche, Christophe Castaner, sur BFMTV peu après l'allocution présidentielle. "La solution, c'est le vaccin", a-t-il ajouté.

Les annonces d'Emmanuel Macron ont eu un effet immédiat: quelques minutes après la fin de l'allocution, le site Doctolib tweetait que "17.000 rendez-vous" de vaccination étaient pris "toutes les minutes", avant de publier un nouveau message avec 20.000 rendez-vous pris dans les mêmes intervalles. A voir, désormais, si l'engouement s'inscrira dans la durée.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV