BFMTV

Affaire Benalla: LaREM organise la riposte

Alexandre Benalla auprès d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, le 28 février 2017 à Angers.

Alexandre Benalla auprès d'Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle, le 28 février 2017 à Angers. - Jean-François Monier - AFP

Au deuxième jour de l'affaire Benalla, les députés de la majorité présidentielle tentent de contrer les attaques de l’opposition.

Après le silence embarrassé, la contre-attaque. Si le président Macron reste muet face à l'affaire Benalla, la majorité s’affaire à calmer l’incendie qui embrase l’exécutif depuis mercredi. Car depuis le scandale initial, de nouvelles révélations sont venues alourdir le dossier.

Mercredi soir, Le Monde publie une vidéo d’Alexandre Benalla, collaborateur de l’Élysée, en train de frapper un manifestant le 1er-Mai dernier. Il venait pourtant en simple qualité d’observateur dans cette manifestation, où il portait un casque de police bien qu’il ne fasse pas partie des forces de l’ordre. L’indignation monte face à la sanction prise: 15 jours de suspension et une rétrogradation. Depuis, de nouvelles informations ont paru sur les avantages du jeune homme, notamment son appartement de fonction au quai Branly, dans une dépendance de l'Elysée.

Collomb reste "crédible en tant que ministre de l'Intérieur"

La justice a été saisie après l’explosion du scandale. Trop tardivement, selon l’opposition, qui condamne le silence d’Emmanuel Macron et demande la démission de Gérard Collomb. Des revendications illégitimes, selon Aurore Bergé. Invitée de BFMTV ce vendredi, la députée LaREM assure que "Oui, Gérard Collomb est crédible en tant que ministre de l’Intérieur":

"On assiste à une espèce d’escalade assez guignolesque de la part de l’opposition", estime-t-elle. "Ils demandent une commission d’enquête, cette commission d’enquête est créée dans les plus brefs délais (…) Ensuite il faut une motion de censure (…) On demande la démission du ministre de l’Intérieur, ça ne suffit toujours pas, maintenant on demande même que le président de la République vienne à l’Assemblée nationale."

Plusieurs procédures engagées

C’est sur le même ton que la députée des Yvelines insiste sur les procédures judiciaires qui ont été lancées: une enquête de l’IGPN, une "enquête judiciaire" et une commission d’enquête à l’Assemblée nationale. Or, le gouvernement est resté silencieux pendant plus de deux mois après les faits.

Car c’est ainsi que l'entourage de Macron a décidé de prendre la parole: en insistant sur les mesures prises au cours des dernières 48 heures. Sacha Houlié, député de la Vienne, a tenu un discours similaire ce vendredi sur notre antenne. Concernant les débats à l’Assemblée nationale sur la révision constitutionnelle, bloqués par l’opposition depuis le début de l’affaire, il dénonce même une saisie "de manière politique, cynique, clinique, pour empêcher (leurs) travaux".

Certains sujets évités

Silence, toujours, sur les zones d’ombre de l’affaire: pourquoi ces mesures n’ont-elles pas été prises plus tôt? A-t-on cherché à cacher des faits? "Je ne suis pas juge, je ne suis pas procureure", répond simplement Aurore Bergé. D’autres semblent chercher à minimiser l’affaire, comme Florian Bachelier. Le député LaREM d’Ille-et-Vilaine a déclaré au Figaro qu’il n'allait "pas commenter un fait divers. Car c'est un fait divers".

Eléments de langage

Une riposte mesurée, visiblement orchestrée en coulisses par Richard Ferrand. Selon le quotidien national, des éléments de langage ont été distribués aux élus de la majorité par le président du groupe LaREM à l’Assemblée nationale, lesquels demandent de souligner la création d’une commission d’enquête, d’insister sur le fait que "le Parlement, en toute indépendance, pourra travailler sereinement et rendre ses conclusions", et de déplorer que malgré tout, "les débats ne reprennent pas normalement à l’Assemblée".

Un discours que Richard Ferrand suit lui-même, en dénonçant "un processus d’obstruction parlementaire" de la part de l’opposition.

Édouard Philippe attendu à l'Assemblée

Édouard Philippe, qui a déjà qualifié les images de "choquantes", a assuré ce vendredi qu’il se rendrait à l’Assemblée nationale mardi. Alexandre Benalla a été placé en garde à vue ce vendredi matin à Paris, visé pour des faits de violences en réunion par personne chargée d’une mission de service public, d’usurpation de fonctions, de port illégal d’insignes réservés à l’autorité publique et de complicité de détournement d’images issues d’une système de vidéo-protection.

Il reste un autre pan du dossier à éclaircir: trois policiers ont été suspendus, soupçonnés d’avoir extrait des images de caméras de vidéosurveillance de la Ville de Paris et d’avoir transmis les images à Alexandre Benalla. Une procédure de licenciement a été engagée contre ce dernier.

Benjamin Pierret