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Affaire Benalla: une commission d'enquête formée à l'Assemblée nationale

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Les députés veulent procéder à des auditions concernant la participation d'Alexandre Benalla, alors chef adjoint du cabinet du président de la République, à une intervention policière.

Les députés réclament des comptes sur l'affaire Benalla. La commission des Lois de l'Assemblée nationale va se constituer en commission d'enquête parlementaire, a indiqué le président du Palais Bourbon ce jeudi soir. 

"Je pense que nous sommes tous saisis par les événements qui se sont déroulés. Il apparaît opportun de permettre à la commission des Lois d'être investie des pouvoirs d'une commission d'enquête pour procéder à des auditions", a annoncé dans l'hémicycle la présidente de la commission des Lois, Yaël Braun-Pivet.

Par ailleurs, le Premier ministre s'est engagé auprès de François de Rugy que le rapport demandé à l'Inspection générale de la police nationale soit transmis immédiatement à la présidente de la commission des Lois. Ces conclusions sont attendues pour la fin de semaine prochaine.

Collomb auditionné au Sénat

Cette requête intervient après une réunion en urgence, à l'initiative du président de l'Assemblée nationale, avec les présidents de l'ensemble des groupes politiques. "Nous sommes convenus que nous pouvions, compte tenu des contraintes de la session extraordinaire, nous pouvions appliquer l'article 145 de notre règlement qui consiste si la commission des Lois en fait la demande d'être investie des mêmes prérogatives d'une commission d'enquête parlementaire", a précisé depuis le perchoir François de Rugy.

Par ailleurs, la commission des lois "procédera à l'audition de M. Collomb (..) dans les premiers jours de la semaine prochaine, afin d'entendre ses explications sur les conditions de la participation de M. Alexandre Benalla, alors chef adjoint du cabinet du président de la République, aux opérations de maintien de l'ordre lors des manifestations du 1er mai à Paris ainsi que sur la nature et le cadre institutionnel de la mission qu'il y assumait au nom de l'État en collaboration avec les forces de sécurité", écrit dans un communiqué la commission présidée par Philippe Bas (LR).

"Ce n'est pas anecdotique, en fait c'est grave, analyse Benjamin Morel, docteur en science politique à l'Ecole normale supérieure. Le président de la République n'est pas responsable devant le Parlement. Là une commission d'enquête va mettre son nez à l'Elysée, on change de situation. Si l'Assemblée met son nez à l'Elysée, on entre dans une remise en cause politique de l'action du président de la République, c'est peut être historique."

J.C. avec Thomas Soulié