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À l'Élysée, Marine Le Pen défend une nouvelle fois le RIC devant Emmanuel Macron

Le chef de l'État a reçu ce mercredi les chefs de partis politiques à l’Élysée pour évoquer l’idée d’un référendum, après le grand débat national censé mettre un terme à la crise des gilets jaunes.

Le président de la République poursuit ses consultations, dans le cadre du grand débat national. La présidente du Rassemblement national et le chef de La France insoumise ont été reçus, l'un après l'autre, à l'Élysée ce mercredi soir par Emmanuel Macron.

À sa sortie du palais, après 1h30 d'entretien, Marine Le Pen a déclaré avoir "longuement" parlé de "la crise sociale et de représentativité" que traverse le pays, faisant référence à la crise des gilets jaunes qui dure depuis maintenant depuis plus de trois mois. Jean-Luc Mélenchon, de son côté, a dit avoir voulu attirer l'attention du président sur "le niveau de violence de la répression policière mais aussi judiciaire" du mouvement des gilets jaunes.

"Si on fait ça, Drouet sera président de la République!"

Après ce tête-à-tête de quasiment deux heures, le leader de La France insoumise a dit avoir abordé la question du référendum d'initiative citoyenne, mais également plusieurs sujets internationaux: notamment l'Europe, la Syrie, ou encore la situation politique au Venezuela.

"J'ai attiré son attention sur le fait qu'on ne met pas au référendum des questions à choix multiples, ça n'existe pas dans le droit constitutionnel français", "mieux vaudrait faire un référendum pour convoquer une assemblée constituante", a suggéré le député des Bouches-du-Rhône, en confiant ne pas penser "avoir convaincu" le président.

Sur la reconnaissance par la France de Juan Guaido comme président par intérim au Venezuela, Jean-Luc Mélenchon a estimé que "ce n'(était) pas une bonne chose de reconnaître un aventurier qui se proclame président de la République, comme l'a fait ce monsieur-là". Il a ensuite fait une référence inattendue au mouvement des gilets jaunes, qu'il soutient pourtant ardemment.

"Si on fait ça, Éric Drouet sera président de la République! Si on utilise des méthodes pareilles: une manif, et derrière, on change le pouvoir...", en visant Éric Drouet, une figure des "gilets jaunes", dont il avait pourtant fait l'éloge il y a quelques semaines.
"Le président a son caractère, et moi le mien", a ensuite résumé Jean-Luc Mélenchon à la presse, "alors vous imaginez que ce n'est pas un entretien où on se fait des concessions". "C'est pas la guerre civile dans ce pays, quoi! On parle!", a encore fait valoir le leader de La France Insoumise. "Il faut qu'on parle!"

Le RIC, "un moyen de reprendre la main"

Marine Le Pen a pour sa part une nouvelle fois plaidé, lors de sa rencontre avec le président, pour "la mise en oeuvre d'un référendum d'initiative populaire (RIC)". L'une des revendications majeures du mouvement social, que "le président ne parait pas déterminé à organiser", selon Jean-Luc Mélenchon à sa sortie de l'Élysée.

"J’ai exprimé au président de la République ma position", a déclaré la présidente du parti d'extrême-droite face à la presse, détaillant: "à savoir qu'aucun QCM référendaire ni autre grand débat, en réalité, ne régleraient le problème de cette crise de représentativité, et que, par conséquent je conseillais de revenir à la proportionnelle intégrale (...) et à la mise en œuvre du RIC", qui selon elle "permettent au peuple français de reprendre la main sur des sujets qui lui paraissent importants".
"La dissolution apparaît comme le moyen pour débattre dans des conditions respectueuses de nos institutions", a-t-elle encore défendu face à Emmanuel Macron.

Jeanne Bulant