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"Vous êtes un voleur de mobylette", quand Jawad Bendaoud menace un avocat

Au 3e jour du procès de Jawad Bendaoud, l'audience a été suspendue

Au 3e jour du procès de Jawad Bendaoud, l'audience a été suspendue - Benoit Peyrucq - AFP

Interrogé par l'un des avocats des parties civiles, celui que l'on présente comme le "logeur des terroristes" s'est violemment emporté sans prévenir. L'audience a été suspendue.

La troisième journée du procès de Jawad Bendaoud a été marquée par un premier incident de séance lors de l’interrogatoire du "logeur des terroristes" par un avocat des parties civiles. L’audience a été suspendue. Il était aux alentours de 14h20 quand la présidente de la 16e chambre correctionnelle du tribunal de Paris a pris cette décision. A ce moment-là, prévenus, avocats des deux camps étaient déjà debout dans un brouhaha général où plus personne ne s'entendait.

Ce troisième jour de procès a débuté avec les interrogatoires de Mohamed Soumah et de Jawad Bendaoud. L'ambiance était plutôt à la flatterie: "Vous semblez être quelqu'un d'énergique (...) vous semblez être quelqu’un d’intelligent, extrêmement capable d’argumenter sur sa défense, lance Me Georges Holleaux, avocat de parties civiles. J’ai une impression très positive. Vous semblez avoir du cran." Des adjectifs que le prévenu entend avant de répondre à chaque question.

L'atmosphère a subitement est devenue crispée au fil des questions posées à celui que l'on surnomme "le logeur des terroristes". L’avocat l'interroge à de nombreuses reprises sur ses relations avec ses deux enfants. Jawad Bendaoud parle de leurs "gâteaux préférés", du fait qu'il les connait peu "à cause de la prison"...

Changement de ton

En un rien de temps, sans que personne ne comprenne ce revirement, le ton change. "Vous êtes un voleur de mobylettes", lance Jawad Bendaoud, déjà au bord du craquage depuis le début de l’audience à l’avocat. Puis enchaîne: "Je sais pas ce que vous essayez de faire (…). Attention à ce que vous dites (…). Vous essayez de faire quoi? Parce que moi je vais venir vous voir à votre cabinet." 

C'en est trop pour Me Méhana Mouhou, avocat des parties civiles, qui intervient. "Calmez-le", lance-t-il. Me Nogueras, l’avocat de Jawad Bendaoud, se lève, demande à son confrère de ne pas se mêler de cet échange. La présidente du tribunal rappelle à l'ordre Me Mouhou. Une bonne partie des robes noires s’est déjà levée de son siège. Quand à Me Holleaux, pragmatique, il rétorque à Jawad Bendaoud : "Vous n’allez pas frapper un vieux monsieur."

Justine Chevalier