BFMTV

Nice: qui est Moussa Coulibaly, l'agresseur des militaires?

Des militaires devant le bâtiment où trois de leurs confrères ont été agressés à l'arme blanche, mardi 3 janvier, à Nice.

Des militaires devant le bâtiment où trois de leurs confrères ont été agressés à l'arme blanche, mardi 3 janvier, à Nice. - Valery Hache - AFP

Moussa Coulibaly, l'agresseur présumé de trois militaires à Nice, mardi, est connu des services judiciaires. Son profil semble témoigner d'une dérive progressive vers l'islam radical.

Il n'aurait a priori aucun lien avec le tueur de Montrouge et de la porte de Vincennes, Amedy Coulibaly. Le profil de Moussa Coulibaly, l'auteur présumé de l'agression de trois militaires à Nice mardi après-midi, devant un bâtiment abritant le consistoire israélite de la ville, semble correspondre à celui d'un petit délinquant aimanté par le jihadisme, dont la dérive vers l'islam radical a été progressive. Le point sur son parcours.

Un petit délinquant tourné vers le radicalisme

Agé d'une trentaine d'années, Moussa Coulibaly est bien connu des services de police et de la justice, avec qui il avait été en contact quelques jours seulement avant de passer à l'action, mardi, à Nice.

Le jeune homme originaire de la région parisienne était ainsi connu depuis longtemps pour des faits de droit commun, notamment vol à l'étalage, violences, outrage à personnes dépositaires de la force publique, et usage de stupéfiants, tous commis à Mulhouse, dans le Haut-Rhin, entre avril 2006 et novembre 2009, et qui lui ont valu plusieurs amendes et peines de prison avec sursis. Mais plus récemment, en décembre 2014, ce sportif s'est fait remarquer pour d'autres activités, liées cette fois-ci à l'islam radical.

"Dans la salle de sport qu'il présentait (située dans les Yvelines, Ndlr), il faisait du prêche, du prosélytisme, il a donc attiré l'attention des services de renseignement", explique Dominique Rizet, spécialiste police-justice de BFMTV. "C'est comme cela qu'on a commencé à s'intéresser à lui, mais sur la version prosélytisme" du personnage.

Refoulé de Turquie fin janvier

Ses signes de radicalisation sont suivis par les services de renseignement, notamment grâce à un déplacement de Moussa Coulibaly à Ajaccio, le 27 janvier dernier. Ce jour-là, le jeune homme se rend dans une agence de voyages pour acheter un aller simple en direction de la Turquie, avec des escales à Nice et à Rome.

Intrigué par son comportement, le guichetier de l'agence le signale à la police, et cette dernière avertit la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Signalé aux autorités turques par les services français, Moussa Coulibaly est refoulé dès son arrivée à l'aéroport Ataturk d'Istanbul, le 29 janvier, et renvoyé à Nice, pour être auditionné. "A l'occasion de ces auditions, aucun signe de passage à l'acte n'avait été détecté", a indiqué mardi soir le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. "La surveillance de son environnement se poursuivait, de manière à comprendre notamment ce qu'il faisait à Nice, où il n'avait pas de racines, où il n'avait pas de contact", a-t-il poursuivi.

Moussa Coulibaly s'était installé dans un hôtel niçois, situé près de la gare, où il errait avec des marginaux. Il consommait beaucoup d'alcool, mais rien, dans son comportement et ses déplacements, ne laissait présager un passage à l'acte de cette nature.

A ce stade de l'enquête, le jeune homme n'aurait a priori aucun lien avec Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de la porte de Vincennes, Coulibaly étant un nom répandu.

"Quelqu'un de très gentil"

Mardi soir, le domicile de Moussa Coulibaly, situé dans un immeuble du Val-Fourré, un quartier sensible de Mantes-la-Jolie, dans les Yvelines, a été perquisitionné. La mère, une soeur et un frère du jeune homme ont été emmenés par des policiers, pour être entendus.

Awa, qui s'est présentée comme une amie d'enfance de Moussa Coulibaly, a assuré l'avoir encore vu il y a "deux, trois semaines". "C'est quelqu'un très gentil, très aimable, poli, à l'écoute, qui te respecte", a-t-elle décrit. "Il va à la mosquée, il rentre chez lui, comme tout le monde", a-t-elle poursuivi, soulignant qu'il n'avait "jamais" parlé de la guerre en Syrie ou de partir faire le jihad.

Adrienne Sigel