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La famille d'une victime de Merah demande l'extradition du jihadiste français arrêté en Syrie

Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten l'un des soldats tués par Mohamed Merah en 2012.

Latifa Ibn Ziaten, mère d'Imad Ibn Ziaten l'un des soldats tués par Mohamed Merah en 2012. - Capture BFMTV

Thomas Barnouin, arrêté le 17 décembre en Syrie, a été condamné en 2009 dans le cadre de la filière d'Artigat, dont étaient proches Mohamed Merah ou Fabien Clain, la "voix" de Daesh.

L'avocate de Latifa Ibn Ziaten, dont le fils a été tué par Mohamed Merah en 2012, va demander l'extradition du jihadiste français Thomas Barnouin arrêté au milieu du mois de décembre en Syrie. Cette procédure permettrait, selon Me Samia Maktouf, que cet homme de 36 ans, parti en Syrie en 2014 pour combattre dans les rangs de Daesh, soit interrogé par la justice française.

"C’est devant les juridictions françaises qu’il doit répondre de ses actes, face aux familles et aux victimes de ces attentats commis en tant que préparateur ou complice selon les actes", insiste, sur BFMTV, Me Maktouf assurant sa "confiance" aux juges antiterroristes français pour obtenir cette extradition.

Arrêté en Syrie, le 17 décembre dernier, Thomas Barnouin est détenu par les forces armées kurdes. Considéré comme une figure du jihadisme français, il s'est radicalisé au début des années 2000. Il tente alors de rejoindre l'Irak et part avec Sabri Essid, beau-frère de Mohamed Merah. Les deux hommes sont arrêtés en 2006. Barnoin est alors condamné en 2009 en France pour sa proximité avec la filière d'Artigat. Cette mouvance implantée en Ariège avait à sa tête Olivier Corel, surnommé "l'émir blanc", considéré comme le mentor de Mohamed Merah et de Fabien Clain, "voix" de Daesh pour la revendication des attentats du 13-Novembre. 

Pas d'accords d'extradition

L'extradition de Thomas Barnouin vers la France pourrait permettre de comprendre son rôle dans l'endoctrinement et la radicalisation de Mohamed Merah, auteur des tueries de Toulouse et Montauban en mars 2012, dont le frère a été jugé en novembre dernier et condamné à 20 ans de prison pour "association de malfaiteurs terroriste". L'avocate de Latifa Ibn Ziaten aimerait que le jihadiste soit également interrogé sur son degré d'implication dans les attentats du 13-Novembre qui ont fait 130 morts.

Alors que la France ne reconnaît aucune gouvernance en Syrie, il n'existe pas d'accords d'extradition entre les deux pays. D'après les services de renseignement français, "quelques dizaines" d'adultes français, combattants jihadistes ou leurs épouses, se trouvent actuellement dans des camps ou des prisons en Irak ou en Syrie. "Si des jihadistes périssent dans ces combats, je dirais que c’est tant mieux, et s’ils tombent entre les mains des forces syriennes, ils dépendront de la juridiction syrienne", assurait, en octobre dernier, Florence Parly, la ministre des Armées.

J.C. avec Sarah-Lou Cohen