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Procès Merah: le parquet général fait appel du verdict

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La cour d'assises spéciale a condamné jeudi Abdelkader Merah à 20 ans de prison. Une peine inférieure aux réquisitions de l'avocat général qui avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité.

Il y aura bien un second procès pour Abdelkader Merah. Le parquet général a interjeté appel du verdict prononcé jeudi soir par la cour d'assises spéciale de Paris à l'encontre du frère de Mohamed Merah et de Fettah Malki.

Le ministère public a estimé que la cour d'assises spéciale de Paris "n'avait pas tiré toutes les conséquences juridiques des faits qui lui étaient soumis", notamment pour avoir acquitté Abdelkader Merah de la "complicité d'assassinats".

Abdelkader Merah a été condamné à 20 ans de prison, assortis d'une période de sûreté des deux tiers, pour "association de malfaiteurs terroriste". Son co- accusé a été reconnu coupable du même chef d'accusation et a écopé de 14 ans de prison pour avoir vendu une arme et un gilet pare-balles à Mohamed Merah. Lors de son réquisitoire, l'avocat général avait réclamé la réclusion criminelle à perpétuité pour le premier et 20 ans de prison pour le second.

Appel des accusés

Alors que l'avocat de Fettah Malki avait déjà annoncé l'intention de son client de former un appel de ce verdict, délivré au terme de huit heures de délibéré, Me Eric Dupond-Moretti, le conseil d'Abdelkader Merah confiait réfléchir à cette procédure. "20 ans de prison, c'est une très lourde peine, reconnait-il ce vendredi sur France Inter. C’est le maximum de la peine pour une association de malfaiteurs terroriste qui est intrinsèquement discutable." Selon lui, le fond du dossier n'avait pas été traité.

La cour d'assises spécialement constituée pour juger Abdelkader Merah et Fettah Malki a motivé son verdict. Selon les magistrats, le frère de Mohamed Merah l'a aidé a volé le scooter dont il s'est servi lors des tueries mais que les débats n'ont pas permis de confirmer qu'il l'avait fait "en connaissance de cause". Par ailleurs, il ne fait aucun doute pour la cour qu'Abdelkader Merah est radicalisé. A l'inverse, il n'a pas été démontré que ce dernier avait aidé ou porté assistance à son jeune frère lors de la commission de ces actes terroristes.

Justine Chevalier avec AFP