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Des détenus se plaignent d'entendre crier toute la journée Jawad, logeur de terroristes du 13-Novembre

Jawad Bendaoud, logeur présumé de deux jihadistes du 13-Novembre, doit comparaître ce jeudi devant la justice pour trafic de stupéfiants

Jawad Bendaoud, logeur présumé de deux jihadistes du 13-Novembre, doit comparaître ce jeudi devant la justice pour trafic de stupéfiants - Capture d'écran BFMTV

Le logeur présumé des auteurs des attentats du 13-Novembre, Jawad Bendaoud, comparaît ce jeudi devant le tribunal de Bobigny pour trafic de drogue. Lors de sa garde à vue, il avait expliqué vendre du cannabis et de la cocaïne pour se défendre d'être un terroriste. Placé à l'isolement, il supporterait très mal sa détention.

Jawad Bendaoud comparaît ce jeudi devant la justice. Le jeune homme, arrêté le 18 novembre 2015 en marge de l'assaut policier mené par le Raid à Saint-Denis, fera face à des accusations de trafic de stupéfiants en récidive. Il doit être jugé devant le tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis.

Comparaîtra à ses côtés un de ses proches, Mohamed Soumah. Ce dernier est par ailleurs soupçonné d'avoir été un intermédiaire entre Jawad Bendaoud et la cousine du jihadiste Abdelhamid Abaaoud, qui cherchait un abri de repli à cet organisateur présumé des attentats.

"On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service"

Le matin de l'assaut du Raid, Jawad Bendaoud avait clamé son innocence dans une interview assez surréaliste pour BFMTV.

"J'étais pas au courant que c'était des terroristes (...) On m'a demandé de rendre service, j'ai rendu service. On m'a dit d'héberger deux personnes pendant trois jours, j'ai rendu service normalement. Je ne sais pas d'où ils viennent. On est au courant de rien. Si je savais, vous croyez que je les aurais hébergés?"

En garde à vue, il casse un ordinateur

Le jeune homme de 30 ans est actuellement incarcéré: la justice lui reproche d'avoir logé les terroristes du 13-Novembre. Il leur aurait loué l'appartement de la rue du Corbillon.

À l'issue de six jours de garde à vue, celui que l'on présente dans sa ville d'origine de Saint-Denis comme un "petit caïd", "homme de main de marchands de sommeil" ou encore "gros fumeur de shit" avait été le premier mis en examen dans l'information judiciaire ouverte à Paris sur les attentats du 13-Novembre, qui ont fait 130 morts et des centaines de blessés.

Depuis, le jeune homme de 30 ans, un délinquant de droit commun - il a été condamné en 2008 pour la mort d'un homme - toxicomane et parfois dealer, n'a cessé de clamer son innocence dans ce dossier. Sa garde à vue avait été agitée: il avait cassé l'ordinateur d'un fonctionnaire.

Dans une lettre, il dit "péter un plomb"

Placé à l'isolement à la maison d'arrêt de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, avec cinq détenus radicalisés, il supporterait très mal sa détention: certains prisonniers se sont plaints de l'entendre crier toute la journée. Jawad Bendaoud a également écrit deux lettres au juge d'instruction. Il dit "péter un plomb", et répète qu'il n'avait pas conscience d'héberger des terroristes. 

"Quand il est arrivé, c'est vrai qu'il était encore sous le choc, a indiqué à BFMTV Erwan Saoudi, délégué FO pénitentiaire à la maison d'arrêt de Villepinte. Il a posé quelques problèmes, à un moment donné il a mis le feu à sa cellule."

En novembre dernier, il devait déjà comparaître pour trafic de drogue mais avait refusé d'être extrait de sa cellule. Le dossier ne repose que sur ses déclarations: pour se défendre d'être un terroriste, il avait expliqué aux enquêteurs qu'il vendait du cannabis et de la cocaïne.

C.H.A. avec Cécile Ollivier