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Attentats déjoués: les suspects, "des opérationnels de Daesh téléguidés depuis la zone irako-syrienne"

Selon le procureur de la République à Paris, François Molins, les cinq individus interpellés le week-end dernier à Strasbourg et à Marseille sont soupçonnés d'avoir voulu acquérir des armes en vue d'un projet d'attaque imminente. Ils ont été mis en examen et écroués vendredi soir.

On ne parle plus d'un mais de plusieurs attentats déjoués. En l'état actuel des investigations, rien ne permet d'établir un lien entre le commando strasbourgeois et l'individu interpellé à Marseille. Les cinq hommes, interpellés le week-end dernier ont été mis en examen et écroués vendredi soir par des juges du pôle antiterroriste de Paris.

"La section antiterroriste de mon parquet ouvre donc une information judiciaire des chefs de participation à une association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crime d'atteinte aux personnes, acquisition, détention, transport, offre et cession illégale d'armes (...) le tout en réunion et en relation avec une entreprise terroriste", avait détaillé dès vendredi midi François Molins, le procureur de la République à Paris.

Animateur, épicier...

Si aucun "contact direct" a pu être établi entre les quatre hommes interpellés à Strasbourg et l'individu à Marseille, il s'agit tous d'"opérationnels de Daesh téléguidés depuis la zone irako-syrienne", a précisé François Molins. Hormis le Marocain interpellé à Marseille, les autres suspects sont inconnus des services de police. Des profils compliqués à identifier.

Les quatre Strasbourgeois communiquaient via une messagerie cryptée. Agés de 36 à 37 ans, les amis d'enfance sont tous de nationalité française et n'étaient pas dans les radars de la DGSI. L'un était animateur dans une école, un autre manutentionnaire ou un autre encore travaillait dans une épicerie.

Ces deux groupes avaient en parallèle l'ambition de passer à l'acte de manière imminente et avaient commencé leurs préparatifs. "Ces interpellations ont permis d’éviter un nouveau passage à l’acte mortifère", insiste le procureur, saluant "une action dans la durée" des services de la DGSI.

"Opérationnels de Daesh"

Le procureur s'appuie notamment sur les recherches de ces individus pour se procurer des armes. "Le commando de Strasbourg, mais aussi l'individu interpellé à Marseille, disposaient d'instructions communes pour se procurer des armes communiquées par un donneur d'ordre depuis la zone irako-syrienne par le biais d'applications cryptées", a détaillé François Molins, parlant entre autre de coordonnées GPS pour récupérer des armes.

Sur l'individu arrêté à Marseille, les policiers ont retrouvé 4.280 euros, une somme, semble-t-il, destinée à acquérir des armes. "Lui aussi avait reçu des instructions précises (...) pour se procurer les armes selon les mêmes modalités que celles fournies aux Strasbourgeois", poursuit le procureur. Par ailleurs, au domicile de deux des suspects interpellés à Strasbourg, des pistolets automatiques, des fusils, ainsi que des chargeurs et des cartouches ont été découverts. 

Volonté de rejoindre la Syrie

Lors des perquisitions chez Yassine B. et Icham N., tous deux âgés de 37 ans, plusieurs documents, notamment des écrits d'allégeance à Daesh et glorifiant "la mort en martyr" ont été retrouvés. Il apparaît aussi clairement aux yeux des enquêteurs que ces deux individus se sont rendus à la frontière turco-syrienne en mars 2015 en transitant par Chypre. Idem pour l'homme interpellé à Marseille. Résidant au Portugal depuis 2013, il a voyagé en Europe en présentant un faux passeport, avant d'être refoulé par les autorités turques à l'été 2015.

Ces informations témoignent "a minima de velléité de rejoindre les groupes terroristes en Syrie pour trois des individus" présentés ce vendredi au parquet, précise François Molins.

Recherches d'armes mais aussi recherches de cibles. Le procureur de Paris a confirmé que les enquêteurs avaient retrouvé dans le téléphone portable de Yassine B., animateur dans une école à Strasbourg, des recherches Google Maps sur différents lieux. François Molins a aussi affirmé que la date du 1er décembre avait été retenue par le commando de Strasbourg pour commettre un attentat. Des hommes qui avaient récemment téléchargé l'application Periscope, qui permet de se filmer en direct avec son smartphone.

Justine Chevalier