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Russie: un blogueur jugé pour avoir chassé des Pokémons dans une église

Un joueur de Pokemon Go dans les rues de Paris après sa sortie le 24 juillet 2016

Un joueur de Pokemon Go dans les rues de Paris après sa sortie le 24 juillet 2016 - Thomas Samson - AFP

Le procès d'un Russe poursuivi pour avoir chassé des Pokémons dans une église, s'est ouvert lundi à Iekatérinbourg en Russie.

La chasse aux Pokémons pourrait lui coûter cher. Le procès d'un blogueur russe poursuivi pour avoir chassé des Pokémons dans une église et en avoir tiré une vidéo diffusée sur Internet a débuté lundi à Iekatérinbourg, dans l'Oural.

Rouslan Sokolovksi, 22 ans, risque jusqu'à sept ans de prison pour incitation à la haine et insulte à l'égard des sentiments religieux des croyants.

"Je n'avais pas l'intention d'offenser qui que ce soit", s'est défendu le jeune homme devant le tribunal, ajoutant être prêt à s'excuser, selon une retransmission de son procès diffusée par la chaîne russe Life News. Plaidant non coupable, Rouslan Sokolovski a ajouté avoir diffusé une vidéo sur YouTube "dans un but critique et polémique".

Plus d'1,6 million de visionnage

Athée revendiqué, et ulcéré par une émission télévisée expliquant qu'il était juridiquement risqué de jouer à Pokémon Go dans une église, il avait choisi de s'y essayer l'été dernier dans la cathédrale de Iekaterinbourg, construite sur les lieux de l'exécution en 1918 du dernier tsar de Russie Nicolas II et de sa famille.

Il s'y était filmé attrapant plusieurs créatures virtuelles, y compris durant un office, avec en bande-son une musique reprenant une fausse prière ponctuée de jurons. Il était ensuite sorti de l'église en disant regretter "n'avoir pu attraper le Pokémon le plus rare de tous: Jésus". Publiée le 11 août sur YouTube, la vidéo avait été visionnée plus de 1,6 million de fois. 

Assigné à résidence

L'Eglise orthodoxe russe a accusé le blogueur de blasphème.

"Je n'ai pas demandé aux gens de regarder mes vidéos. Qui est l'Eglise orthodoxe pour que j'aie à me repentir devant eux?", a ajouté le jeune homme, selon les médias russes.

Assigné à résidence au moment de son inculpation, début septembre, il a ensuite été incarcéré pour n'avoir pas respecté les conditions de son assignation. L'ONG Amnesty International a appelé la Russie à relâcher immédiatement le blogueur, le qualifiant de prisonnier d'opinion.

G.D. avec AFP