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Neuf enfants de jihadistes et leurs mères ont été rapatriés en France, dont une nièce des frères Clain

Des enfants dans un camp de déplacés dans la province de Deir-Ezzor, en Syrie -

Des enfants dans un camp de déplacés dans la province de Deir-Ezzor, en Syrie - - Giuseppe Cacace - AFP

Les mères de ces enfants font également partie du convoi. Parmi elles se trouve une nièce des frères Clain qui avait revendiqué les attentats du 13-Novembre.

Douze personnes ont été rapatriées en France, depuis la Turquie, ce mardi, a appris BFMTV, confirmant une information de France Inter. Neuf enfants âgés de 3 à 13 ans ont atterri dans la matinée à l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle, accompagnés de trois femmes: la mère de quatre des enfants et épouse d'un jihadiste, Jennifer Clain, mère des cinq autres enfants et la belle-mère de celle-ci.

Filiation à vérifier

Jennifer Clain est la nièce de Fabien et Jean-Michel Clain, figures de Daesh, piliers de la mouvance de Mohammed Merah et instigateurs des attentats du 13-Novembre. Pour "la filiation, il reste à effectuer des vérifications mais c'est l'orientation", a déclaré à l'AFP une source proche du dossier.

Les deux frères ont été déclarés morts après une frappe de la coalition internationale en Syrie en février dernier. Jennifer Clain avait quant à elle été arrêtée par les autorités turques avec deux autres femmes en juillet, dans la province de Kilis, frontalière avec la Syrie. Elle est mariée à Kévin Gonot, un Français condamné à mort en Irak le 26 mai pour son appartenance à Daesh.

"Protocole Cazeneuve"

Les neuf enfants de jihadistes et leurs mères ont été accueillis à la sortie de l'avion par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Visées par des mandats d'arrêt, les trois femmes ont été écrouées dès leur arrivée en France. Elles doivent être présentées à un juge dans la journée. Les enfants ont quant à eux été confiés par la justice à l'Aide sociale à l'enfance, conformément au "protocole Cazeneuve" signé avec la Turquie en 2014.

Cette opération, distincte des rapatriements au cas par cas d'enfants en provenance du Kurdistan syrien, s'inscrit dans le cadre des expulsions régulières des jihadistes par la Turquie. Dans les premières années du conflit syrien, qui a débuté en mars 2011, la Turquie a été le principal point de passage vers la Syrie des étrangers, notamment occidentaux, souhaitant rejoindre des groupes jihadistes.

Une centaine d'enfants rapatriés ces dernières années

Longtemps accusée par ses alliés de fermer les yeux sur ces passages, Ankara, à la suite d'attaques sur son sol, a fermé sa frontière avec la Syrie, multiplié les arrestations et expulsions de jihadistes étrangers présumés et rejoint la coalition internationale. Ces dernières années, une centaine d'enfants de jihadistes ont rejoint le territoire français.

Mélanie Bertrand avec Ambre Lepoivre et AFP