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Fermeté pour les mineurs, transports gratuits: les revendications d'un policier en colère

Une manifestation de policiers le 20 octobre 2016 à Paris

Une manifestation de policiers le 20 octobre 2016 à Paris - Bertrand Guay - AFP

Les syndicats de policiers seront reçus ce mercredi en fin de journée par François Hollande. Avant ce rendez-vous, un policier a énuméré à BFMTV les revendications des forces de l'ordre. De l'élargissement de la légitime défense aux heures de sport, elles sont diverses.

Un policier a détaillé à BFMTV les revendications des forces de l'ordre, alors que depuis le 17 octobre dans plusieurs villes de France, les forces de l'ordre manifestent spontanément et en dehors de tout cadre syndical pour exprimer leur colère, jusqu'aux Champs-Élysées, faisant fi de leur devoir de réserve.

Si la question de l'élargissement de la légitime défense avait déjà été évoquée, tout comme la disparition des quotas, l'augmentation des effectifs et la redistribution des missions pour réduire le nombre de gardes statiques et de patrouilles, d'autres revendications sont plus surprenantes.

Renouvellement du parc automobile

En tête des requêtes, ce membre des forces de l'ordre évoque le "passage aux grades supérieurs pour les deux collègues qui ont été brûlés dans le véhicule touché par un cocktail Molotov et la nomination de l'adjoint de sécurité au grade de gardien de la paix". Cette attaque d'un véhicule de police à Viry-Châtillon, le 8 octobre dernier dans l'Essonne, est à l'origine du mouvement de grogne des policiers. Deux fonctionnaires ont été grièvement brûlés.

Du côté des moyens, ce policier estime que le parc automobile devrait être amélioré pour prendre en compte "les véhicules utilisés par les délinquants, comme les petites motos ou les grosses cylindrés". Il appelle également au renouvellement du matériel obsolète, réclamant de nouveaux gilets pare-balle et l'utilisation de caméras embarquées. Il propose également des solutions concrètes au manque de moyens: confisquer les biens des personnes condamnées pour des délits liés au trafic de drogue ou aux réseaux de prostitution, et utiliser les véhicules confisqués ainsi que l'argent saisi pour l'achat de matériel.

Les mineurs sanctionnés dès l'âge de 14 ans

Plus étonnant, ce policier prône une meilleure organisation au sein même de la police. Il estime que les procédures devraient être simplifiées afin que les fonctionnaires soient "plus rapidement de retour sur la voie publique". Il recommande également "l'arrêt des changements de nom des services et une clarification de l'arborescence de fonctionnement".

A plusieurs reprises, les policiers en colère ont accusé la justice de laxisme. Comme ce policier l'assure à BFMTV, lui et ses collègues prônent une vision ferme de la justice. Le fonctionnaire estime que les sanctions judiciaires devraient être automatiques avec des peines de prison ferme pour tous les auteurs d'outrage, rébellion, coups, violences et incitation à l'agression sur les personnes dépositaires de l'autorité publique. Ce policier propose également que les mineurs condamnés soient sanctionnés dès l'âge de 14 ans ainsi que la possibilité de retirer les aides sociales à la famille.

"Un comité d'entreprise digne de ce nom"

Du point de vue de la vie quotidienne des forces de l'ordre, ce policier évoque la nécessité de réserver des créneaux horaires supplémentaires pour le tir et le sport. Il appelle aussi à la création d'un "comité d'entreprise digne de ce nom" et à la mise en place de la gratuité des transports publics au niveau départemental.

Les représentants des syndicats de policiers seront reçus ce mercredi à 18 heures par le président de la République. Les organisations entendent canaliser ce ras-le-bol des policiers et mettre à l'agenda la "révision du cadre juridique d'emploi des armes" et la "mise en place de peines planchers pour les agresseurs", créées par la droite et abrogées sous François Hollande.

Céline Hussonnois-Alaya avec Dominique Rizet