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500 policiers ont manifesté hier soir sur les Champs-Élysées

Soutenir leur collègue blessé et dénoncer la dégradation de leurs conditions de travail. Environ 500 policiers ont manifesté lundi soir sur les Champs-Élysées, à Paris.

Environ 500 policiers se sont retrouvés spontanément lundi soir devant l'hôpital Saint-Louis, dans le 10ᵉ arrondissement de Paris. En service ou non, il se sont rassemblés pour soutenir Vincent, cet adjoint de sécurité de 28 ans grièvement blessé dans l'attaque au cocktail Molotov de Viry-Châtillon, dans l'Essonne. C'est par le bouche-à-oreille que toutes les informations ont été communiquées. Les syndicats ont été volontairement laissés de côté.

"On en a marre d'entendre encore des collègues se faire agresser, a témoigné sous couvert d'anonymat un fonctionnaire de police pour BFMTV. Et derrière, on a l'impression qu'il n'y a que de l'émoi, de l'empathie du gouvernement sans réelle réponse."

Deux véhicules de police incendiés

L'attaque très violente du 8 octobre à Viry-Châtillon avait blessé quatre policiers, dont deux grièvement, près de la cité difficile de la Grande Borne, à Grigny, une commune limitrophe. Une dizaine de personnes "cagoulées", selon les autorités, avaient brisé les vitres de deux véhicules de police et les avaient incendiés en tentant de bloquer les policiers à l'intérieur. 

Trois jours plus tard, plusieurs centaines de policiers s'étaient rassemblés en silence devant les commissariats de France, en solidarité avec leurs collègues attaqués, et avaient réclamé plus de moyens et davantage de fermeté.

Gyrophares allumés, sirènes hurlantes

Un autre policier a également dénoncé lundi soir les pressions qu'ils subissent.

"Que ce soient les commissaires, les commandants, à tout niveau, de toute façon, ils n'attendent qu'une chose, c'est que les chiffres soient bons pour avoir leurs primes à la fin de l'année."

Gyrophares allumés, sirènes hurlantes, les policiers ont ensuite rallié les Champs-Élysées, décidés à exprimer leur colère. Venus de toute l'Île-de-France, ils souhaitent rester anonymes. En sortant de leur devoir de réserve, ils s'exposent à des sanctions. Mais leurs conditions de travail ne sont plus acceptables.

"Ma femme a peur pour moi quand je vais au boulot"

"Nous, ce qu'on n'accepte pas, c'est qu'on soit mis en danger sur la voie publique, a confié un autre fonctionnaire de police pour BFMTV. Parce que c'est vrai, on est en danger, c'est dangereux d'être flic. Ma femme, elle a peur pour moi quand je vais au boulot tous les soirs. Et je pense que tous les collègues, c'est pareil."

Les policiers se sont ensuite rassemblés au pied de l'Arc de triomphe et ont entonné une Marseillaise. Un autre représentant des forces de l'ordre a ajouté, lucide: "On sait quand on a choisi de faire ce boulot-là que c'est un métier dangereux. Mais on ne peut pas accepter de se dire que demain, on va être victime d'un barbecue dans une bagnole."

Chaque mois, ce sont plus de 1.000 policiers qui sont blessés dans l'exercice de leurs fonctions.

Céline Hussonnois-Alaya