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Disparition de la famille Troadec: "une affaire hors-normes" pour le procureur

Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec ont disparu il y a une semaine.

Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec ont disparu il y a une semaine. - Police nationale - Montage BFMTV

Après une semaine d'investigations aucune hypothèse ne peut être établie après la disparition de la famille Troadec à Orvault, selon le procureur de Nantes.

Il s'agit de sa première prise de parole depuis le début de l'affaire. Le procureur de la République de Nantes a tenu une conférence de presse vendredi soir pour faire le point après une semaine d'enquête sur la disparition de Pascal, Brigitte, Sébastien et Charlotte Troadec, de leur domicile d'Orvault, en Loire-Atlantique. "C'est une affaire hors-norme", a concédé Pierre Sennès. "C'est une affaire à l'évidence criminelle."

Hors-norme par la multiplicité des indices qui semblent être semés. Dans le domicile du couple à Orvault, c'est surtout beaucoup de sang qui a été découvert après "plusieurs opérations de police technique et scientifique" menées les 24, 26 février et le 1er mars.

"Nous découvrons la présence de sang appartenant aux deux parents", détaille le procureur de Nantes. Sang présent dans les pièces à l'étage, dans l'escalier, au rez-de-chaussée et dans le garage. Le sang du fils, Sébastien, a aussi été retrouvé dans sa chambre et sur son téléphone portable, le seul présent dans le pavillon.

De nombreux indices

L'affaire est aussi hors normes par la multiplicité des scènes d'investigation. Outre le domicile d'Orvault, les enquêteurs ont retrouvé, à près de 300 kilomètres, mercredi, le pantalon de Charlotte Troadec, ainsi que sa carte bleue, sa carte vitale et plusieurs cartes de fidélité. Jeudi, à 500 mètres de ce bois de Dirinon, ce sont deux livres de jeunesse qui ont été découverts. Sur l'un d'eux figure une étiquette avec le nom de Pascal Troadec et date de l'époque où il était au collège.

Ce jour-là, la voiture de Sébastien, seul véhicule de la famille manquant, est retrouvée sur le parking d'une église à Saint-Nazaire, à 60 kilomètres d'Orvault. Des analyses, grâce au concourt de la sous-direction de la police technique et scientifique, vont permettre de confirmer ou non à 100% la présence de sang dans l'habitacle.

"Le tapis de sol a disparu", confirme Pierre Sennès. "Mais un examen sommaire du véhicule ne permet pas d’établir avec une certitude absolue qu’il y a une présence de sang."

Des victimes encore en vie?

Malgré l'énumération des ces éléments objectifs, aucun scénario ne semble établi dans cette affaire aussi mystérieuse que certaines qui ont déjà frappé la région comme l'affaire Dupont de Ligonnès ou l'affaire Laetitia Perrais. "On peut raisonnablement attester de la gravité des faits qui ont été commis dans la maison", admet le procureur de la République de Nantes. "J’ai presque envie de vous dire qu’on est là en présence d’une scène du crime." Mais pour l'heure, il reste impossible de trancher sur une piste précise.

"C’est peut-être un drame familial, c’est peut-être l’intervention d’un tiers, je n’en sais rien parce que les éléments laissent planer toutes les hypothèses possibles", poursuit-il.

Concernant le sort des membres de la famille Troadec, aucun élément ne permet de s'avancer. "Est-ce que nous allons interpeller un ou plusieurs criminels, je n’en sais rien. Est-ce que nous allons découvrir une ou plusieurs victimes, je n’en sais rien, des victimes dont on ne peut pas exclure encore tout à fait aujourd'hui que peut-être certaines sont encore en vie", explique le procureur de Nantes. Au domicile d'Orvault, aucune arme ou aucun objet pouvant être utilisé pour blesser n'a été découvert. 

"Il y a eu une agression violente, des pertes de sang importantes, c’est incontestablement une scène d’une grande violence, incontestablement les blessures sont très grave aux vues des pertes de sang", consent Pierre Sennès. Avant de souffler: "On peut penser qu’il y a des personnes décédées."

Justine Chevalier