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Famille disparue à Orvault: le sang du père, de la mère et du fils retrouvé dans la maison

Une information judiciaire a été ouverte ce lundi alors que depuis le 16 février, la famille Troadec, un couple et ses deux enfants de 18 et 21 ans n'a pas donné de nouvelles à ses proches. Le procureur de la République de Nantes a fait un point ce lundi sur les investigations avec les enquêteurs.

La personnalité du père et du fils de la famille Troadec intrigue. Depuis le signalement de la disparition de la famille, les enquêteurs de la police judiciaire de Nantes, en charge de l'enquête, n'ont retrouvé aucune trace du père, Pascal, de la mère, Brigitte, et de leurs deux enfants, Sébastien, 21 ans, et Charlotte, 18 ans. Le procureur de la République de Nantes a fait un point lundi soir sur l'avancée des investigations, peu avant l'annonce de l'ouverture d'une information judiciaire, lundi en fin de journée. Deux juges d'instruction ont été nommés pour mener les investigations dans cette affaire entourée de mystères.

Pour le moment, aucun élément ne permet d'établir de scénario plausible. Drame familial ou intervention d'une personne extérieure, toutes les hypothèses restent envisagées.

> Pas de nouvelles depuis le 16 février

La famille Troadec n'a pas donné signe de vie depuis le 16 février. Le couple réside dans un quartier pavillonnaire d'Orvault, à une dizaine de kilomètres de Nantes, en Loire-Atlantique. Le père, âgé de 49 ans, travaille dans une entreprise d'enseignes lumineuses. La mère est employée au centre d'impôts de Nantes. Le fils aîné est inscrit en deuxième année de BTS systèmes numériques au lycée catholique Saint-Gabriel Saint-Michel, à Saint-Laurent-sur-Sèvre, où il loge. Sa sœur, âgée de 18 ans, est quant à elle scolarisée en BTS sanitaire et social dans un établissement de Fontenay-le-Comte.

Le 23 février, inquiète de ne plus avoir de nouvelles, la sœur de la mère de famille a donné l'alerte. Une enquête pour "disparition inquiétante" a d'abord été ouverte avant que les chefs soient requalifiés en "homicides volontaires", "enlèvements" et "séquestrations".

> Des traces de sang découvertes au domicile des parents

Les enquêteurs ont procédé à une inspection du domicile des parents à Orvault. Ces investigations ne semblent pas permettre d'établir un départ préparé et volontaire de la famille: de la vaisselle était disposée dans l'évier et le réfrigérateur était rempli de nourriture. Les draps avaient été enlevés des lits et les brosses à dent des quatre membres de la famille ont disparu, précise le parquet.

De "nombreuses traces" de sang ont été découvertes à l'étage du pavillon sur une paire de chaussettes et sur le fil du téléphone, dans l'escalier et au rez-de-chaussée. D'autres marques ont tenté d'être effacées. Il s'agit du sang du père, de la mère et du fils. La montre de la mère, tachée de sang, a ainsi été retrouvée dans la chambre de la fille, lors des constations, a appris notre journaliste Cécile Ollivier. 

D'autres prélèvements sont toujours en cours d'analyse. Les téléphones portables des quatre membres de la famille n'ont plus été activés depuis le 17 février, au lendemain de leur disparition supposée, alors que la carte bleue de la fille a été utilisée frauduleusement le 16 février.

Les gendarmes de la section de recherches d'Angers ont procédé aux mêmes investigations aux appartements occupés par les enfants du couple. Aucun élément pour l'enquête n'a été retrouvé. Les hommes de la PJ de Nantes s'intéressent désormais tout particulièrement au véhicule de Sébastien, le fils, une Peugeot 307 qui n'a pas pu être retrouvé. Une fiche DNU, "diffusion nationale urgente", a été envoyée à l'attention de l'ensemble des services de police français.

> La personnalité du fils intrigue...

Les enquêteurs insistent sur le fait qu'ils recherchent quatre personnes. Mais, outre l'absence du véhicule du fils, c'est sa personnalité qui intrigue. Les étudiants qui l'ont côtoyé décrive quelqu'un de gentil, sociable, jovial, disponible et même serviable. Le jeune homme, qui souffrirait de fragilités psychologiques, a été inquiété par la justice dans une affaire de "menaces d'atteintes à la personne". Mineur à l'époque des faits, il avait été soumis à une procédure de réparation pénale.

Sur les réseaux sociaux, Sébastien apparaît comme un tout autre personnage. Visiblement mal dans sa peau, il publie plusieurs messages faisant penser à des tendances suicidaires. "C'est un jeune homme pas forcément bien dans sa peau mais avec des objectifs positifs, profondément gentil, soucieux des gens et attachant", explique sur Internet dans un message audio une jeune fille de 19 ans. "Nous parlions souvent sur Twitter. Sébastien est mon ami, je n’ai pas eu l’occasion de le rencontrer mais nous parlions souvent sur Skype depuis quelques mois. Nous échangions aussi sur si Twitter, Snapchat ou Facebook."

Et de conclure: "Je ne connaissais pas sa famille. La seule chose que j’ai sue les concernant, c’est quand Sébastien m’a dit qu’il pensait échouer à son BTS. Apparemment, ses parents n’y croyaient pas non plus."

Autre élément intriguant ou pure coïncidence: Sébastien est scolarisé dans le même établissement que l'un des fils de Xavier Dupont de Ligonnès.

> ... Celle du père aussi

Aucune piste n'est écartée par les policiers à ce stade de l'enquête. Outre les doutes qui pèsent sur le fils aîné de cette famille, la personnalité du père intrigue elle aussi les enquêteurs. Celui-ci est décrit comme quelqu'un de réservé, secret voir taciturne. "Il ne parlait pas beaucoup", reconnaît un collègue de cet homme qui a vécu plusieurs épisodes dépressifs.

Son fils, Sébastien, s'est également livré sur le comportement de son père avec qui il semblait avoir des relations compliquées. "Mes parents gueulent tout le temps et boivent, et mon père pense à mon orientation quand il est trop tard", racontait-il sur Twitter en 2013. Ou encore: "Punaise hier de 2h du mat à 20h mon père a gueulé, j'arrêtais pas de lui dire 'ferme ta gueule', il continuait à brailler."

Justine Chevalier avec Alexandra Gonzalez et Cécile Ollivier