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Famille disparue à Orvault: les inquiétants messages du fils Sébastien 

"Vivement ma mort, la vie me saoule", "si on savait ce qui se passe réellement dans ma tête on me prendrait pour un fou sans morale". Sébastien Troadec, le fils aîné de la famille disparue à Orvault, près de Nantes, était très actif sur les réseaux sociaux. Les messages qu'il y a postés troublent les policiers.

La personnalité du fils interroge les enquêteurs dans le cadre de la disparition d'une famille à Orvault, dans la banlieue nord de Nantes. Selon une source proche du dossier, Sébastien Troadec, 21 ans, est décrit comme ayant "souffert de fragilités psychologiques".

Alors que les deux voitures des parents ont été placées sous scellé, celle du fils - étudiant en BTS informatique - a disparu. Elle n'a pas non plus été retrouvée à son domicile de Saint-Laurent-sur-Sèvres, en Vendée

"Les relations avec son père étaient compliquées"

"C'était quelqu'un de très gentil, vraiment rien de méchant, indique l'un de ses voisins à BFMTV. Quelqu'un de vraiment très agréable." Mais il a précisé que Sébastien Troadec n'était pas un jeune homme qui se confiait ou "allait vers les gens", le qualifiant de "timide".

Sébastien Troadec semblait pourtant avoir depuis plusieurs années des relations conflictuelles avec son père. "Les relations avec son père étaient compliquées, témoigne l'un de ses proches pour Le Parisien. Sébastien se sentait rabaissé. Il m'avait dit que son père buvait trop, mais je me méfiais, car il pouvait aussi raconter des trucs faux." En 2013, sur Twitter, il se confiait à ses abonnés.

"Mes parents gueule tout le temp et boivent, et mon père pense à mon orientation quand il est trop tard", écrivait-il au mois de juin.

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Il publiait un autre post similaire au mois de juillet suivant:

"Punaise hier de 2h du mat a 20 h mon père gueuler j'arrêter pas dlui dire 'ferme ta gueule' il continuer à brayer."

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"Ce sont nous les monstres"

Visiblement déprimé, il écrivait la même année: "Putain vivement ma mort, la vie me saoûle", ou encore "si ont savait ce qui se passer réellement dans ma tête ont me prendrer pour un fou sans morale". "Si tu pouvais changer quelque chose dans ton passé, qu'est-ce que tu changerais? toute mon enfance", écrit-il sur Twitter. Très actif sur les réseaux sociaux, il se livrait également sur un forum de jeux vidéos. 

À la question "Où te vois-tu dans cinq ans?", il répondait: "Mort". En 2014, il publiait également "#Dans30ansJesuis mort depuis 27 ans". Ou encore: "On arrête d'avoir peur du monstre en dessous du lit lorsque on comprend que ce sont nous les monstres, comme il se présente sur son compte Twitter. Regarde autour de toi, tout est faux."

Des menaces de mort sur un blog

Sébastien Troadec a déjà été condamné pour avoir proféré des menaces de mort sur un blog en 2012. Selon Le Parisien, il aurait "pété les plombs" et écopé de travaux d'intérêt général. Julie, amie de lycée de la sœur de Sébastien, le décrit comme quelqu'un "qui vit comme dans une bulle". "Charlotte ne parlait pas de sa famille. Son frère, on ne peut pas dire qu'il n'est pas normal mais il est un peu spécial, dans son monde", explique-t-elle à l'AFP. 

Les enquêteurs ont retrouvé dans la maison familial des traces de sang sur le portable du fils et ses oreillettes ainsi que sur une paire de chaussettes. Des traces semblent également avoir été essuyés sous l'escalier. 

Sur place, les policiers ont découvert qu'aucun drap ne recouvrait les lits. Dans la salle de bains, ils n'ont trouvé ni brosse à dents, ni brosse à cheveux. Dans le réfrigérateur, plusieurs aliments étaient périmés. Le chauffage était coupé et des draps, pas tout à fait secs, étaient étendus à l'intérieur. Du linge humide se trouve encore dans la machine à laver. 

Le portable du fils, le dernier éteint

Dans un communiqué, le procureur évoque une scène de violence. Mais estime qu'il n'est "pas possible à ce stade de déterminer avec précision le déroulement des faits".

Les membres de la famille Troadec n'ont pas donné signe de vie depuis le 16 février dernier, jour à partir duquel leurs quatre téléphones portables ont été désactivés l'un après l'autre. Celui du fils est le dernier à avoir été éteint, selon TF1. Les enfants n'ont depuis rien posté sur les réseaux sociaux. La police judiciaire de Nantes a ouvert une enquête pour homicides volontaires, enlèvements et séquestrations.

Céline Hussonnois-Alaya