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De Bygmalion aux comptes de campagne de Sarkozy en 2012: une affaire politico-judiciaire

Nicolas Sarkozy arrive au pôle financier du palais de justice de Paris pour une audition avec un juge dans le dossier des frais de campagne (photo d'illustration)

Nicolas Sarkozy arrive au pôle financier du palais de justice de Paris pour une audition avec un juge dans le dossier des frais de campagne (photo d'illustration) - Thomas Samson AFP

Le parquet a demandé ce lundi le renvoi de Nicolas Sarkozy et de 13 autres personnes devant le tribunal correctionnel. Tous ont été mis en examen dans le cadre de l'affaire Bygmalion, révélée en 2014.

Depuis 2014, l'affaire des comptes de campagnes de Nicolas Sarkozy en 2012 évolue au fil des révélations judiciaires et de la presse. A l'origine centrée sur Jean-François Copé, l'enquête a connu de nombreux rebondissements avant de s'intéresser directement à l'ex-chef de l'Etat. 

Février 2014, l'affaire Copé

Dans une enquête, Le Point accuse le président de l'ex-UMP Jean-François Copé d'avoir favorisé la société Bygmalion, fondée par ses proches Guy Alvès et Bastien Millot. L'agence de communication aurait empoché au moins huit millions d'euros durant la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012, via sa filiale événementielle Event and Cie.

Jean-François Copé finira par démissionner. Le parquet de Paris ouvre une enquête.

Mai 2014, la campagne de Sarkozy mise en cause

  • L'avocat de Bygmalion affirme que l'UMP a reglé des millions d'euros de fausses factures à Event and Cie pour cacher des dépenses de meetings qui auraient dû rentrer dans le compte de campagne et auraient fait exploser le plafond autorisé de 22,5 millions d'euros. 

Les dirigeants de Bygmalion remettent une clé USB aux enquêteurs, révélant une double comptabilité. Au total, l'UMP a réglé 18,5 millions d'euros de fausses factures pour des événements fantômes, selon les calculs de la police.

Avril 2015, Nicolas Sarkozy impliqué

L'ex-directeur de campagne de Nicolas Sarkozy, Guillaume Lambert, lui prête un rôle de décideur pour ses meetings. Il assure que l'ex-candidat lui avait demandé "d'ajouter (...) de petites réunions publiques (...) à coûts bas et maîtrisés", réfutant toute fraude. De 15 à 20 meetings, la campagne est passée à 44.

Des documents révèlent que le meeting de Marseille du 19 février 2012 a coûté plus de 800.000 euros, quand il revient à 300.000 euros dans le compte de campagne. 

Septembre 2015, Copé accusé

Devant les policiers, Nicolas Sarkozy se défend et charge Jean-François Copé. "Je n'ai ordonné aucune dépense de ma campagne. Je n'ai vu aucun devis" et "n'ai choisi aucun prestataire".

Il charge Copé : "partout où (il) est passé, il a pris Bygmalion". Et si un système de fausses factures a existé, "je comprends qu'il a existé entre les sociétés Bygmalion et l'UMP".

Octobre 2015, la contre-attaque de Lavrilleux

Lors d'une confrontation, de nouvelles dépenses liées à la campagne et sans rapport avec Bygmalion sont évoquées. Soit une dizaine de millions d'euros qui figurent au budget de l'UMP en 2012 mais pas dans le compte de campagne.

Jérôme Lavrilleux lâche les coups: "il y a de très nombreuses zones d'ombre sur ces comptes de campagne". Il pointe les dépenses de transport des militants. Puis dans L'Obs: "les comptes ont débordé de tous les côtés. Il n'y a que Nicolas Sarkozy pour dire (...) que cette affaire ne concerne pas sa campagne".

Février 2016, Nicolas Sarkozy mis en examen

L'ancien chef de l'Etat est mis en examen. Il est soupçonné d'avoir orchestré le maquillage de ses comptes de campagne pour en cacher le dépassement. Sa défense maintient qu'il a découvert la double-facturation lorsque l'affaire a éclaté dans la presse.

M.L. avec AFP