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Affaire Bygmalion: Sarkozy devant les juges du parquet financier

Nicolas Sarkozy arrive au pôle financier du palais de justice de Paris pour une audition avec un juge dans le dossier des frais de campagne.

Nicolas Sarkozy arrive au pôle financier du palais de justice de Paris pour une audition avec un juge dans le dossier des frais de campagne. - Thomas Samson - AFP

L'ancien chef de l'Etat s'est présenté mardi matin pour être entendu par les juges du parquet financier de Paris dans le cadre de l'enquête sur ses comptes de campagne 2012.

Nicolas Sarkozy s'est présenté mardi pour être entendu par les juges du parquet financier de Paris dans le cadre de l'enquête sur ses comptes de campagne 2012, rebaptisée "Affaire Bygmalion" dans laquelle il risque une mise en examen. L'ancien chef de l'Etat peut cependant ressortir de l'audition sous le statut intermédiaire de témoin assisté, comme Jean-François Copé avant lui.

L'enquête Bygmalion, du nom de la société qui organisait ses meetings, porte à l'origine sur un système de fausses factures pour cacher une explosion du plafond légal des dépenses pour la présidentielle, fixé à 22,5 millions d'euros. Ces fausses factures auraient eu pour objet d'imputer à l'UMP quelque 18,5 millions d'euros de dépenses qui auraient dû rentrer dans le compte de campagne.

Un journaliste de Libération rappelle sur son compte Twitter les règles en vigueur selon le code électoral: "Art L113-1 code électoral : prison pour tout candidat qui aura "sciemment minoré" ses comptes". Tout l'enjeu de cette audition est donc de déterminer ce que savait Nicolas Sarkozy de ces dépassements de frais de campagne.

"L'argument d'une campagne qui dérape est une farce"

Plusieurs cadres de Bygmalion, son comptable, ainsi que Jérôme Lavrilleux à l'UMP, ont reconnu l'existence de cette fraude, mais aucun protagoniste n'a mis en cause Nicolas Sarkozy pour l'avoir décidée ou en avoir eu connaissance. L'enquête montre cependant que l'ex-président a demandé et obtenu plus de meetings, vers la mi-mars 2012. Or, son directeur de campagne, Guillaume Lambert, a déclaré aux policiers qu'il l'avait informé d'une note de l'expert-comptable pointant un risque de dépassement du plafond et interdisant toute dépense supplémentaire.

Entendu par les enquêteurs en septembre 2015, Nicolas Sarkozy a assuré ne pas s'en souvenir et a relativisé le coût que pouvaient engendrer les événements ajoutés. "L'argument d'une campagne qui dérape est une farce", a-t-il affirmé. Il a renvoyé la responsabilité des fausses factures sur Bygmalion et l'UMP dirigée alors par Jean-François Copé.

L'enquête élargie, 13 mises en examen

Mais depuis, l'enquête s'est élargie. Les juges s'interrogent notamment sur une ligne "présidentielle" dans le budget 2012 du parti, indiquant 13,5 millions d'euros de dépenses engagées, alors que trois millions d'euros seulement ont été communiqués dans le compte de campagne. Trains, salles de meetings, tracts, sondages: les enquêteurs ont remonté la trace de nouvelles factures oubliées, qui apparaissent dans les comptes de l'UMP mais pas dans le compte de campagne.

Les juges ont mis en examen treize anciens responsables de l'UMP, de la campagne ou de Bygmalion. L'enquête est ouverte pour faux, abus de confiance, escroquerie et financement illégal de campagne électorale.

S.A. avec AFP