BFMTV

Affaire Benalla: les 5 gardes à vue ont été levées, les suspects seront présentés à un juge d'instruction  dimanche

L'homme et la femme frappés par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors de la manifestation du 1er mai place de la Contrescarpe à Paris.

L'homme et la femme frappés par Alexandre Benalla et Vincent Crase lors de la manifestation du 1er mai place de la Contrescarpe à Paris. - Naguib-Michel Sidhom

Alexandre Benalla, Vincent Crase et les trois policiers suspendus jeudi soir ont vu leurs garde à vue être levées samedi soir. Ils doivent être présentés à un juge d'instruction dans la journée.

Un collaborateur d'Emmanuel Macron, un employé de LaREM et trois haut gradés de la police présentés dimanche à un juge d'instruction, le directeur de cabinet du chef de l'Etat entendu comme témoin: voici un point sur l'enquête ouverte par la justice sur l'affaire Benalla, qui plonge l'exécutif dans la tourmente.

  • Une enquête ouverte par le parquet de Paris

C'est le parquet de Paris qui a pris l'initiative, jeudi matin, d'ouvrir une enquête préliminaire, quelques heures après les révélations du journal Le Monde. Les investigations ont été confiées à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) et à l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et une information judiciaire devrait désormais être ouverte dimanche.

L'Elysée a reconnu avoir été rapidement au courant des agissements du conseiller Alexandre Benalla: il a été sanctionné par 15 jours de mise à pied du 4 au 19 mai et "démis de ses fonctions en matière d'organisation de la sécurité des déplacements du président", selon le porte-parole Bruno Roger-Petit. Selon des informations de presse, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb était également au courant dès le 2 mai.

Selon le deuxième alinéa de l'article 40 du code de procédure pénale, le procureur de la République aurait dû être saisi pour ces faits, mais aucun membre de l'exécutif ne l'a fait, ce qui fait dire à l'opposition que le pouvoir a cherché à étouffer l'affaire.

En plus de cette enquête judiciaire, une autre, administrative, a été lancée par la "police des polices" et une troisième par l'Assemblée nationale.

  • Benalla et Crase, deux proches du pouvoir

Deux hommes proches du pouvoir ont vu leur garde à vue levée samedi soir, avant d'être présentés à un juge d'instruction dimanche: Alexandre Benalla, dont l'Elysée a annoncé le licenciement, et Vincent Crase, réserviste de la gendarmerie comme lui et employé par La République en marche, risquent une mise en examen. Ils ont été filmés en train de frapper des manifestants le 1er mai à Paris, place de la Contrescarpe (Ve arrondissement).

Alors "chargé de mission" à l'Elysée en tant qu'adjoint au chef de cabinet du président, Alexandre Benalla avait été autorisé à assister ce jour-là aux manifestations aux côtés des forces de l'ordre en tant qu'observateur. Alexandre Benalla, qui se faisait passer pour un policier, avait été placé en garde à vue vendredi matin pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public", "usurpation de fonctions", "port illégal d'insignes réservés à l'autorité publique" et "complicité de détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection".

Vincent Crase, à ses côtés le 1er mai, avait été placé en garde à vue vendredi en fin de matinée pour "violences en réunion par personne chargée d'une mission de service public" et "usurpation de fonctions".

Le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron à l'Elysée, Patrick Strzoda, qui part à la retraite en octobre, a été entendu comme témoin jeudi. C'est lui qui avait mis à pied Alexandre Benalla.

Quant aux deux victimes - un homme et une femme filmés en train d'être frappés sur les vidéos au coeur du scandale -, elles ont été identifiées et souhaitent être entendues ultérieurement par les enquêteurs, a indiqué une source proche de l'enquête.

  • Trois policiers soupçonnés d'avoir fourni des images de vidéo-surveillance

Trois policiers, soupçonnés d'avoir transmis des images de vidéo-surveillance à Alexandre Benalla, avaient été placés en garde à vue samedi matin, pour "détournement d'images issues d'un système de vidéo-protection" et "violation du secret professionnel".

Eux aussi ont vu leur garde à vue levée samedi soir, avant d'être présentés à un juge d'instruction dimanche. Ils risquent également une mise en examen. Ils appartiennent à la puissante Direction de l'ordre public et de la circulation (DOPC), de la préfecture de police de Paris.

Il s'agit notamment du chef d'état-major adjoint. Il avait été un temps pressenti pour la direction de la sécurité du Paris Saint-Germain.

Les deux autres policiers concernés sont un commissaire présent au moment des faits, et chargé de faire la liaison entre la préfecture de police et les forces mobiles, ainsi qu'un commandant en charge des relations entre la préfecture de police et l'Elysée, ont rapporté des sources proches du dossier.

Tous trois ont été suspendus à titre conservatoire vendredi et le ministre de l'Intérieur a "condamné lourdement" leurs agissements.

L'avocat du commissaire, Me Thibault de Montbrial, a réagi sur Twitter en affirmant que son client entendait notamment s'exprimer sur "la proximité (...) entre la plus haute hiérarchie policière et M. Benalla".

J.B avec AFP