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2020 aura-t-elle droit à ses tubes de l'été malgré le confinement?

Malgré l'atmosphère morose des mois passés sous la menace du coronavirus, l'offre de potentiels tubes de l'été s'annonce presque aussi variée cette année que d'habitude.

Le soleil, la plage, la danse et les chansons qui les accompagnent: chaque année, de nouveaux morceaux s’affrontent pour décrocher le titre convoité de tube de l’été. Une bataille qui peut commencer dès février… et qui, coronavirus oblige, a été tuée dans l’œuf dès le mois de mars avec l’entrée en vigueur du confinement. 

Streaming diminué, concerts annulés: ces deux mois de restriction des libertés ont porté un coup à l’industrie musicale. Ajoutons à cela la fermeture des boîtes de nuit, l’atmosphère morose de la quarantaine et l’incertitude sur le fait de pouvoir partir en vacances, et la conjecture semble peu favorable à l'émergence de morceaux ensoleillés. Le coronavirus a-t-il anéanti les chances des tubes de s’imposer? Pas forcément, et peut-être même au contraire, à en croire le directeur délégué des médias musicaux de NRJ, Gaël Sanquer:

"À la sortie du confinement les gens vont avoir besoin de fête, de musique, de positif", explique-t-il à BFMTV. "Ils vont aller chercher la musique, ça va être un mouvement naturel. Je pense qu’il y aura autant de tubes que les années précédentes."

Avant mars, après mai

Mais sur quoi danser, quand la décisive période du printemps a été marquée par une pause mondiale? Simplement sur ce qui est sorti avant et après: "Il y a beaucoup de titres qui sont sortis en début d’année et qui continuent encore de fonctionner aujourd’hui", note Alexandre Pipieri, programmateur musical chez Deezer France. Il cite Tusa, le duo de Karol G et Nicki Minaj, toujours dans le top 20 de la plateforme malgré une sortie en novembre dernier, et Say So de Doja Cat, propulsé par la chorégraphie qu'elle a inspirée aux utilisateurs de Tik Tok.

Car le réseau de partage de vidéos fait parfois office d'incubateur de tubes; en multipliant les vidéos sur une même chanson, les internautes lui permettent de se faire entendre et de partir avec un avantage certain. 

Depuis le 11 mai, date de mise en place du déconfinement progressif, Rain On Me de Lady Gaga et Ariana Grande "pète les scores de streaming" sur la plateforme et rebat les cartes. Et pour Gaël Sanquer, de nouveaux concurrents peuvent encore se déclarer: 

"Il y a quelques années, un tube de l’été devait sortir en février pour s’installer. Aujourd’hui, entre les plateformes de streaming, les réseaux sociaux et le travail des radios, il y a une caisse de résonance très forte: un titre peut sortir demain et être le tube de l’été 2020."

Sorties ralenties... mais pas annulées

Sans oublier que si le confinement a occasionné quelques ralentissements, il n’a pas non plus empêché tous les titres estivaux d’investir les ondes: Mamacita, des Black Eyed Peas, est sorti en plein mois d'avril et est cité par les deux spécialistes comme l’un des morceaux qui marqueront les prochaines semaines. 

Alors, qui sont les artistes pressentis pour faire danser les Français durant l’été 2020? Outre les chanteurs susmentionnés, on note chez Deezer que la tendance des sons latinos ne se dément pas, ainsi qu'une résurgence des claviers des années 1980. Le premier genre sera représenté par les Black Eyed Peas et leur Mamacita, Major et son Latin Remix de Love Me Olé, Karol G et Nicki Minaj avec Tusa ou encore Banana de Shaggy et Conkhara. Le second sera porté par Dua Lipa et son dernier album Future Nostalgia, truffé de tubes, ou Doja Cat, qui tend carrément vers le disco. Sans oublier l'album Chromatica de Lady Gaga, aux sonorités résolument électro:

"Les pop stars féminines ont la cote cette année", note Gaël Sanquer. "Elles sont présentes, elles ont des tubes. Et c’est bien."

Si les pronostics sont si nombreux, c’est parce que l’époque où chaque année avait son seul et unique tube (La Macarena, Yakalelo, Asereje…) est révolue. Aujourd’hui, sauf exception comme Djadja d’Aya Nakamura, la couronne se partage: "Avec la mondialisation et les plateformes, l’offre est multipliées par dix, vingt, trente. Le panel est très large", analyse Alexandre Pipieri. 

Et les Français? 

Bien entendu, les artistes francophones sont aussi dans la course. Chez Deezer, on mise sur Vianney et son N'attendons pas, dévoilé debut mai, Meleğim, le duo de Soolking et Dadju, et les "valeurs sûres" Vitaa et Slimane ou Gims. Gaël Sanquer note également le potentiel de la nouvelle version de Désolé pour hier soir, la chanson que Tryo ressort en duo avec les stars de YouTube Carlito et McFly. Enfin, le jeune trio 47Ter pourrait bien lui aussi tirer son épingle du jeu.

Benjamin Pierret et Philippe Dufreigne