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Macron reçoit le patron de l'Otan après ses critiques et avant le sommet

Image d'illustration - Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron le 15 mai 2018

Image d'illustration - Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron le 15 mai 2018 - Gonzalo Fuentes - POOL - AFP

Jens Stoltenberg et Emmanuel Macron doivent "préparer le sommet de l'Otan et assurer son succès", mais devraient également revenir sur les propos très critiques du président français à l'égard de l'organisation internationale.

Un face-à-face pour aplanir les "divergences": Emmanuel Macron s'explique jeudi à l'Élysée avec le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg après les remous provoqués par ses propos sur la "mort cérébrale" de l'organisation militaire, qui se réunit à Londres la semaine prochaine.

Le chef de l'État recevra le Norvégien en fin de matinée "pour préparer le sommet de l'Otan et assurer son succès", indique la présidence. A l'issue d'une heure d'entretien, les deux hommes feront une déclaration à la presse, qui devrait être suivie de près, tant les récentes déclarations d'Emmanuel Macron ont jeté le trouble parmi les 29 membres de l'Alliance atlantique.

Les propos critiqués de Macron

Le 7 novembre, le chef d'État français secouait le monde, habituellement très feutré, de l'Otan en déclarant dans un entretien à l'hebdomadaire britannique The Economist: "Ce qu'on est en train de vivre, c'est la mort cérébrale de l'Otan."

Il réagissait alors à la décision de deux poids-lourds de l'Alliance, les États-Unis et la Turquie. Les premiers pour avoir décidé de retirer leurs troupes de Syrie sans prévenir leurs alliés. Et la Turquie pour son intervention dans le nord-syrien contre les forces kurdes, soutenues par les forces occidentales anti-djihadistes.

"Vous n'avez aucune coordination de la décision stratégique des États-Unis avec les partenaires de l'Otan et nous assistons à une agression menée par un autre partenaire de l'Otan, la Turquie, dans une zone où nos intérêts sont en jeu, sans coordination", a-t-il regretté.

Des entretiens avec d'autres dirigeants

Cette mise en cause frontale a été aussitôt dénoncée par Washington et Ankara, mais aussi par l'Allemagne, le Royaume-Uni ou les pays de l'Est. Jens Stoltenberg a alors annoncé qu'il viendrait rencontrer Emmanuel Macron "afin de mieux comprendre son message et les raisons qui sont derrière" ses critiques. "Lorsque nous avons des divergences, le mieux est d'en parler", a-t-il souligné.

Emmanuel Macron devrait s'entretenir avec plusieurs autres dirigeants d'ici au sommet de mardi et mercredi, selon la présidence. Il aura également des rencontres bilatérales à son arrivée à Londres, où seront présents les présidents américain Donald Trump et turc Recep Tayyip Erdogan.

"L'Europe ne peut pas se défendre seule pour le moment"

En attendant, la chancelière allemande Angela Merkel a livré mercredi un nouveau plaidoyer pour l'Otan, qui garantit "la liberté et la paix" depuis 70 ans, en partie grâce à "nos amis américains", selon elle.

"L'Europe ne peut pas se défendre seule pour le moment" et "il est important (...) que nous assumions davantage de responsabilités", a-t-elle ajouté devant les députés allemands.

Cherchant à calmer le jeu entre eux, Paris et Berlin ont déjà proposé le 20 novembre la mise en place d'un comité d'experts destiné à renforcer le processus politique au sein de l'Otan.

S. V. avec AFP