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Le point sur la situation en Catalogne

Rassemblement en faveur de l'indépendance de la Catalogne, le 29 septembre 2017 à Barcelone

Rassemblement en faveur de l'indépendance de la Catalogne, le 29 septembre 2017 à Barcelone - PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

La situation reste tendue entre Madrid et la Catalogne, toujours opposée sur la question de l'indépendance de la région. Le gouvernement espagnol a appelé la Catalogne à dissoudre son parlement pour mettre en place de nouvelles élections dans la région.

La situation est toujours tendue entre la Catalogne et le gouvernement central espagnol. Vendredi, le gouvernement catalan a affirmé que le "oui" à l'indépendance l'avait emporté avec 90,18% des suffrages lors du référendum du 1er octobre, selon les résultats définitifs transmis vendredi au parlement régional. 

Le taux de participation s'est élevé à 43,03%. Ce scrutin avait été boycotté par les partis opposés à l'indépendance, qui le jugeaient illégal et sans légitimité. 

Madrid maintient la pression

Le pouvoir central, a écarté toute possibilité de médiation: "Pour dialoguer, il faut rester dans la légalité", a assuré jeudi, le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Le gouvernement espagnol a également appelé vendredi les séparatistes catalans à dissoudre leur parlement, et à convoquer des élections dans la région.

"Il serait bon de commencer à refermer la plaie en passant par le Parlement de Catalogne (...) par le biais d'élections régionales", a déclaré Inigo Mendez de Vigo, porte-parole du gouvernement, lors d'une conférence de presse à l'issue du conseil des ministres.

Mardi, le roi Felipe VI s'est formellement opposé à l'indépendance. Les catalans craignent que le roi n'emploie l'article 155 de la constitution, qui suspendrait le statut autonome de la région et placerait la Catalogne dans une situation difficile politiquement.

Des manifestations anti-indépendance attendues

  • Plusieurs manifestations sont prévues. Samedi, une manifestation contre l'indépendance et pour l'unification de l'Espagne, est attendue à Madrid. Le collectif "¿Hablamos?" (On parle?), a de son côté lancé un appel au dialogue devant différentes mairies d'Espagne.

Le plus grand rassemblement est attendu dimanche à Barcelone. Le collectif Societa Civil Catalana, opposé à l'indépendance, a appelé à défiler "sans les extrêmes", afin de retrouver "le bon esprit".

Vendredi, le préfet de Catalogne, principal représentant du pouvoir central dans la province séparatiste, a présenté ses excuses pour les violences policières qui ont fait au moins 92 blessés lors du référendum sur l'indépendance dimanche. Dans le même temps, Madrid a annoncé le prolongement jusqu'au 18 octobre de la mission des 6.000 policiers de la Guardia Civil, la Police nationale, dépêchés en Catalogne.

Le pouvoir catalan divisé

Carles Puidgemont, le président de la région Catalogne, farouche partisan de l'indépendance, a annoncé vendredi qu'il repoussait à mardi son intervention devant le parlement catalan prévue lundi. Les séparatistes envisageaient une déclaration d'indépendance unilatérale au cours de cette séance. Cette annonce pourrait être interprétée comme un geste, puisqu'il ne cherche pas à tout prix à maintenir la séance de lundi en dépit de son interdiction par la Cour constitutionnelle. Elle pourrait aussi viser à gagner du temps, en raison de divisions dans son camp.

Le responsable des Entreprises au sein du gouvernement catalan a symboliquement réclamé le même jour "un cessez-le-feu" avec le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy, en appelant son camp à ne pas s'empresser de déclarer unilatéralement l'indépendance de la Catalogne.

  • La situation économique fragilisée

Face au risque d'une indépendance, plusieurs entreprises ont transférés leur siège social hors de Catalogne: c'est le cas de CaixaBank, la troisième banque espagnole notamment, ou encore de Gas Natural et de Banco de Sabadell.

Le gouvernement espagnol a annoncé vendredi avoir adopté un décret simplifiant la procédure de changement de siège social des entreprises, facilitant la tâche des firmes catalanes souhaitant quitter leur région en pleine crise.

G.D. avec AFP