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Russie

Guerre en Ukraine: un réfugié qui a pu quitter l'enfer de Marioupol témoigne de l'horreur

La population fuit en grand nombre le port du sud-est du pays, visé par de nombreux bombardements russes. Environ 80% des bâtiments de la ville sont détruits.

Le chaos règne à Marioupol. Des milliers de personnes ont fui la ville du sud-est de l'Ukraine largement détruite en raison d'une succession de bombardements par les forces russes au 25e jour du conflit entre Moscou et Kiev.

Des tirs "24 heures sur 24"

Pour de nombreux habitants, face à l'intensité des combats, la seule solution pour survivre est de quitter la ville.

"On ne se sentait pas en sécurité. Les tirs à Marioupol, c'était 24 heures sur 24. On entendait des obus, on voyait l'aviation. Les gens font à manger dans des feux de camps", témoigne Aleksander, un réfugié de Marioupol, sur BFMTV.

Pour échapper aux tirs russes, le jeune homme est parti à Dnipro, un peu plus au nord, à 300km de chez lui. Avec lui, sa femme, son fils, son père et son grand-père l'ont suivi dans cet exode. Mais Aleksander n'oublie pas la catastrophe humanitaire touchant sa ville.

"Je voudrais qu'une attention maximale soit portée sur ce qu'il se passe ici, dans le monde entier. Et je voudrais m'adresser au président Zelenski: Marioupol a besoin d'aide! Il reste énormément de gens à Marioupol, des enfants, des gens sans voiture pris au piège dans les sous-sols sans nourriture et sans eau", interpelle-t-il.

La ville encerclée

La Russie continue de resserrer son étau sur le port ukrainien, où elle a affirmé être entrée vendredi. Une école d'art qui abritait 400 réfugiés ukrainiens a été visée par des bombardements ce dimanche. Le bilan de l'attaque n'est pas encore connu. Mercredi, c'était un théâtre servant d'abri pour un millier de personnes qui était ciblé.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a dénoncé les attaques russes, parlant dans un message vidéo ce dimanche de "crimes de guerre".

"Faire à une ville paisible ce que les occupants lui ont fait est une terreur dont on se souviendra pendant des siècles", avait-il estimé.

Moscou affirme s'être emparé de 80% de ce port stratégique situé près des régions du Donbass et de la Crimée. Selon la mairie, 80% du parc de logements de la ville a été détruit par les tirs.

Juliette Desmonceaux