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Etats-Unis: Trump s'oppose au retour d'une femme ayant rejoint Daesh

Hoda Muthana

Hoda Muthana - HANDOUT / AFP

Hoda Muthana s'est rendue aux forces kurdes et est actuellement détenue dans un camp de réfugiés du nord-est syrien. "On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi", a déclaré son avocat. Washington affirme en effet qu'elle n'est pas citoyenne américaine.

Le président américain Donald Trump s'est prononcé ce mercredi contre le retour aux Etats-Unis d'une femme qui avait rejoint Daesh en Syrie. Washington affirme même qu'elle n'est pas américaine, ce que son avocat dément. 

"J'ai ordonné au secrétaire d'Etat Mike Pompeo, et il est complètement d'accord, de ne pas autoriser le retour de Hoda Muthana dans le pays!", a tweeté Donald Trump. Peu de temps avant, un communiqué du chef de la diplomatie assurait que la jeune femme n'est pas une citoyenne américaine.

La jeune femme a pourtant accordé des entretiens à plusieurs journaux occidentaux dans lesquels elle affirme regretter profondément ses actes.

"Ce n'est pas ça, l'Amérique"

"Elle n'a pas de fondement juridique, ni de passeport américain valide, ni de droit à un passeport, ni aucun visa pour se rendre aux Etats-Unis", a quant à lui déclaré Mike Pompeo.

Maître Hassan Shilby, l'avocat de Hoda Muthana, dont le père a été diplomate yéménite, s'est élevé contre cette argumentation.

"Elle avait un passeport valide" quand elle est partie en Syrie en 2014 rejoindre les rangs de Daesh, a-t-il ajouté. "Il est possible qu'elle ait enfreint la loi, et si c'est le cas, elle est prête à en payer le prix", a poursuivi l'avocat. "On ne peut pas arriver au point où nous privons tout simplement de nationalité ceux qui ont violé la loi. Ce n'est pas ça, l'Amérique."

Le cas de Hoda Muthana intervient au moment où le président américain exhorte les Européens à reprendre leurs ressortissants partis rejoindre les rangs de Daesh et détenus par l'alliance arabo-kurde. Il intervient aussi alors que Londres vient de décider de déchoir de sa nationalité une jeune femme de 19 ans, Shamina Begum, qui avait rejoint le groupe jihadiste en Syrie et souhaitait rentrer au Royaume-Uni.

Clémentine Piriou avec AFP