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Royaume-Uni: une jihadiste risque d'être déchue de sa nationalité et de devenir apatride

Shamima Begum, le 22 février 2015.

Shamima Begum, le 22 février 2015. - Laura Lean - AFP

Âgée de 19 ans, la Britannique Shamima Begum a déclaré ne pas regretter son départ pour la zone irako-syrienne en 2015.

Le ministre de l'Intérieur britannique a ordonné mardi de retirer la nationalité à Shamima Begum, une adolescente née au Royaume-Uni partie rejoindre Daesh en 2015. D'après sa défense, cette décision la rendrait apatride, ce qui est interdit par des textes internationaux que Londres a ratifiés.

La jihadiste de 19 ans originaire de Londres est actuellement détenue dans un camp dit de déplacés d'Al-Hol tenu par les Kurdes en Syrie. Elle a fait parler d'elle la semaine passée lorsqu'elle a demandé de la "compassion" auprès du gouvernement anglais pour rentrer au Royaume-Uni, s'estimant "vraiment fatiguée" après son accouchement. Il s'agit de son troisième enfant, mais les deux autres sont morts de maladie et de malnutrition.

Le ministre de l'Intérieur déterminé

En parallèle, le ministre de l'Intérieur britannique a publié une tribune dans le Times, dans laquelle il affirmait utiliser "tout [s]on pouvoir pour empêcher de revenir" les personnes ayant rejoint la zone irako-syrienne. Sajid Javid a donc mis ses menaces a exécution puisqu'il a demandé mardi, le retrait de la nationalité britannique de Shamima Begum.

La loi britannique, rappelle le Guardian, prévoit qu'il est possible de "priver une personne du statut de citoyen par ordonnance si le secrétaire d'État est convaincu que la privation est au service du bien public" et si sa conduite est "préjudiciable aux intérêts vitaux de la population".

Shamima Begum est née en Grande-Bretagne de deux parents originaires du Bangladesh mais n'a pas pour autant la nationalité bangladaise. La Convention de 1961 ratifiée par le Royaume-Uni interdit la création d'apatrides. La famille de la jeune femme a donc annoncé examiner "toutes les voies légales pour contester cette décision", qui peut faire l'objet d'un appel sous 28 jours. 

Se tourner vers les Pays-Bas?

Elle a expliqué réfléchir à demander la nationalité néerlandaise, son mari étant originaire des Pays-Bas. Ce dernier a été fait prisonnier par les Forces démocratiques syriennes (FDS).

L'affaire de l'adolescente suscite d'autant plus de débats outre-manche qu'elle a déclaré ne pas regretter son départ en Syrie. On s'interroge aussi sur le sort de son fils, né il y a quelques jours dans le camp de déplacés en Syrie et qui n'a actuellement aucune identité civile.

Esther Paolini avec AFP