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Syrie: la victoire contre Daesh sera annoncée "dans quelques jours"

Le commandant  Jia Furat des FDS

Le commandant Jia Furat des FDS - FADEL SENNA / AFP

Une coalition arabo-kurde tente de prendre le dernier réduit de Daesh dans l'est de la Syrie. L'opération est ralentie par la présence de nombreux civils dans la région.

La victoire contre le groupe jihadiste Daesh en Syrie sera annoncée dans "quelques jours", a affirmé ce samedi un commandant de l'alliance arabo-kurde combattant les jihadistes assiégés sur un dernier lambeau de territoire du "califat" longtemps synonyme de terreur. Parallèlement à cette annonce, le vice-président américain Mike Pence a promis que les États-Unis continueront à lutter contre "les vestiges de Daesh" à long terme, malgré le retrait annoncé des 2000 soldats américains de Syrie.

"Dans un laps de temps très court, qui ne durera pas plus que quelques jours, nous annoncerons officiellement la fin de l'existence de Daesh", a déclaré le commandant de la force arabo-kurde, Jia Furat, lors d'une conférence de presse sur la base d'Al-Omar, près du front. 

Selon ce commandant des Forces démocratiques syriennes (FDS), les jihadistes sont désormais assiégés "dans un quartier dont la surface est estimée à 700 mètres de long sur 700 mètres de large", soit un demi kilomètre carré dans le village de Baghouz, aux confins de l'est syrien.

Les FDS et la coalition internationale antijihadistes menée par les États-Unis qui les appuie, ont reconnu samedi que la présence de "nombreux civils" ralentit leur progression.

"Boucliers humains"

Vendredi, le président américain Donald Trump avait laissé entendre une victoire imminente. "Nous avons beaucoup d'annonces formidables en lien avec notre succès dans l'éradication du califat et cela sera annoncé dans les 24 heures".

Mais "il y a toujours de nombreux civils à l'intérieur" du réduit de Daesh "et c'est une surprise de taille", a indiqué, Adnane Afrine, porte-parole des FDS. "Nous ne nous attendions pas à un tel nombre c'est pour cela que l'opération a été ralentie", explique ce dernier.

"Des centaines de civils continuent de fuir et ceux qui ont pu s'échapper racontent que Daesh les utilise comme boucliers humains", a affirmé le porte-parole de la coalition antijihadistes. Les frappes aériennes ont été "réduites pour aider à la protection de ces civils", a-t-il ajouté.

Depuis le lancement en décembre de l'offensive des FDS pour éradiquer la dernière poche du "califat", près de 40.000 personnes ont fui la zone des combats. Parmi eux de nombreux membres des familles de jihadistes, dont des Français, des Allemands, des Russes, des Ukrainiens et de nombreux Irakiens.

Camps de déplacés dans le nord de la Syrie

"Il y a une scission entre les combattants jihadistes locaux et étrangers sur le terrain. Les jihadistes locaux veulent abandonner tandis que les étrangers empêchent toute reddition", a indiqué à Adnane Afrine. Des "Irakiens, des Turcs et des Européens" dont des Français, ainsi que des Egyptiens et des Libyens, sont encore présents dans le réduit, selon ce porte-parole des FDS, qui tentent également d'identifier les jihadistes morts.

360.000 morts depuis le début du conflit

La bataille contre Daesh n'est qu'un des fronts de la guerre en Syrie qui a éclaté en 2011 après la répression par le régime de manifestations prodémocratie. Ce conflit s'est complexifié avec l'implication de groupes jihadistes et a fait plus de 360.000 morts.

Avec AFP