BFMTV

Pics de chaleur en France, vague de froid en Grèce: pourquoi de tels écarts?

Si une bonne partie de l'Europe vit en mois de février très doux avec des températures au-dessus des normales de saison, l'autre vit un hiver bien plus rude que la moyenne. En cause, la position d'un anticyclone en place depuis mi-février.

"Aujourd'hui on est du bon côté de l'anticyclone." Ce mercredi, les températures continueront de grimper sur une majeure partie de la France. En plein mois de février, il fera entre 25 et 27 degrés dans plusieurs villes françaises, 21 degrés à Paris. Cette situation est due à un anticyclone qui perdure depuis mi-février.

"On a toujours été plus ou moins sur la partie ouest de cet anticyclone qui n'a quasiment pas bougé. Et donc on a plutôt de l'air doux, qui vient du sud", explique à BFMTV Éric Brun, climatologue. En revanche, "quand on est de l'autre côté de l'anticyclone, ce qui est en ce moment le cas pour la Grèce, la Turquie, l'Ukraine, le sud de la Russie... A ce moment là il fait très très froid."

Alors que le Royaume-Uni vit des pics de chaleur pour un mois de février, la Grèce a en effet été touchée ce weekend par une vague de froid mais également des vents violents et des orages. D'après Éric Brun, la France s'est déjà retrouvée dans cette situation météorologique, cette fois en battant des records de froid.

"En général, une zone anticyclonique est synonyme de beau temps", explique Météo France, "un temps relativement sec, stable et peu nuageux". La France est en plein milieu de cette zone (voir carte de Météo-France ci-dessus), ce qui n'est pas le cas de l'est de l'Europe.

Les États-Unis "du mauvais côté de l'anticyclone"

"Les situations de ce type anticyclonique, c'est un petit peu ce qu'on avait eu en février 1956 avec des records de froid tombés à Paris", explique le climatologue, "on était dans une situation météorologique qui n'était pas très différente de celle qu'on connaît aujourd'hui, sauf qu'on était de l'autre côté de l'anticyclone."

C'est d'ailleurs cette situation anticyclonique qui explique, selon lui, les vagues de froid subies par les États-Unis qui ont connu "un hiver extrêmement rude" en janvier. "En général quand il y a un blocage quelque part dans l'hémisphère nord, ça bloque un peu toute la circulation, et les États-Unis étaient du mauvais côté de l'anticyclone", explique Éric Brun. Selon lui, le pays doit s'attendre à une vague de froid très sévère la semaine prochaine.

En revanche, impossible pour lui d'affirmer que la stagnation de l'anticyclone est due au réchauffement climatique. Il peut seulement déclarer que "l'air sur le monde entier est en moyenne plus chaud (...) qu'il y a 30 ou 40 ans avec la même situation, donc tous les records [de températures] tombent".

Salomé Vincendon