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"On veut tout reconstruire": pour leur premier anniversaire, les gilets jaunes débattent de leur avenir

Malgré une baisse de la mobilisation ces derniers mois, les gilets jaunes comptent bien relancer le mouvement le 17 novembre prochain.

A l'approche des "un an" du début de la contestation des gilets jaunes, 600 représentants du mouvement sont réunis ce week-end à Montpellier afin de discuter de l'avenir de la mobilisation. Dans le cadre de cette "assemblée des assemblées", où les propositions sont votées à main levée, de nombreux sujets sont évoqués: "Comment renouer les liens avec la population, la question de la répression, la question des autres mouvements écologiques et sociaux", explique Lewis, un participant.

Chacun représente une délégation ou les gilets jaunes d'un rond point et la conciliation des multiplies sensibilités politiques présentes rend l'unanimité difficile à obtenir. "C'est compliqué parce que l'on veut tout reconstruire" reconnaît ainsi Christine, au micro de BFMTV.

Une convergence des luttes délicate

Après une baisse de la mobilisation ces derniers mois, les gilets jaunes comptent bien profiter de ce premier anniversaire, le 17 novembre prochain, pour relancer le mouvement. Ils misent par ailleurs sur la grève du 5 décembre prochain pour revenir sur le devant de la scène, même si la question de la convergence des luttes fait débat.

"La convergence, c'est avec les syndiqués mais le problème, ce sont les directions syndicales qui n'ont pas obtenu grand chose ces dernières années. Ce sont des professionnels de l'indignation et on ne peut pas espérer grand chose à mon avis de personnes qui vivent de l'indignation et de la pauvreté de leurs semblables", estime Frank, l'un des organisateurs de l'assemblée.

"Il suffirait d'une étincelle pour que tout reparte"

Les gilets jaunes ont encore quinze jours pour se mettre d'accord sur la forme que prendra leur premier anniversaire. Actions coup de poing, blocages ou manifestations en centre-ville, les discussions sont toujours en cours et font l'objet de vives préoccupations au sein du gouvernement.

"Il y a une inquiétude au sein du gouvernement que cet anniversaire ravive le souvenir de la force et de la spontanéité du mouvement et que ce 17 novembre 2019 serve de nouveau déclencheur pour une reprise de la contestation", analyse Jérémy Brossard, rédacteur en chef adjoint du service politique de BFMTV. 

Car malgré les 17 milliards d'euros annoncés pour répondre à la crise, l'exécutif sait que les raisons de la colère sont toujours là : le sentiment de déclassement d'une partie de la population, le sentiment que le travail ne paye pas, un sentiment d'une France à deux vitesses, d'injustice sociale et de fracture territoriale.

"Le terreau est toujours là, il est explosif. Il suffirait d'une étincelle pour que tout reparte", prévient le journaliste.
Sonia Reynaud, avec Mélanie Rostagnat