BFM Business

Gilets jaunes: peut-on s’attendre à une convergence des luttes?

Les gilets jaunes ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes en France, samedi 17 novembre.

Les gilets jaunes ont mobilisé plusieurs dizaines de milliers de personnes en France, samedi 17 novembre. - Fred Tanneau - AFP

Si la mobilisation du 17 novembre a rassemblé plusieurs dizaines de milliers de personnes, le mouvement contestataire est encore loin d’agréger toutes les colères de France.

A chaque mouvement social s’associe la traditionnelle rengaine sur une possible "convergence des luttes". Les gilets jaunes n’échappent pas à la règle, certains en leur sein rêvant tout haut d’une agrégation des colères qui prendrait la forme d’un raz-de-marée anti-Macron.

"Nous attendons tout le monde, camion, bus, taxi, VTC, agriculteurs, etc... Tout le monde", a ainsi lancé Eric Drouet, à l’origine du mouvement du 17 novembre, dans une nouvelle vidéo virale intitulée "Acte 2, toute la France à Paris" et appelant au blocage de la capitale le 24 novembre.

Quid des routiers et des infirmiers?

Il faut dire que les mouvements de contestation sont actuellement légion. Les routiers, inquiets du projet de vignette poids-lourds actuellement en préparation. Mais les organisations professionnelles du secteur ont de nouveau assuré ce lundi qu’elles n’appelleraient pas à rejoindre les gilets jaunes. Idem du côté des infirmiers, qui ne veulent pas voir leurs revendications - de meilleures conditions de travail et un plan santé 2022 plus ambitieux – être noyées parmi celle du mouvement.

Les ambulanciers, qui ont manifesté samedi afin pour la suspension de la réforme du transport sanitaire, ne se sont pas fondus dans la masse jaune. Et si des agriculteurs ont enfilé le gilet, la plupart des organisations du secteur ont refusé d’appeler au blocage.

Les syndicats absents

Si l’on semble donc encore loin d’une convergence des luttes, c’est aussi car les syndicats ont pris leurs distances avec les gilets jaunes. Toutes les grandes organisations ont en effet refusé d’appeler à se joindre au mouvement. La CFDT a, une fois n’est pas coutume, été la plus ferme, indiquant ne pas soutenir les blocages et pointant la récupération politique du mouvement par l’extrême droite.

Même son de cloche du côté de la CGT qui, même si elle reconnait la colère légitime des manifestants, pointe les "ressorts obscurs" de son origine. Force ouvrière, bien occupée à se choisir un chef et à régler sa crise interne, n’a pas non plus appelé à suivre le mouvement, à l’exception notable de l’unité SGP Police FO. 

Y.D.