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Mélenchon, Hollande, Philippe: qui défilera ce mardi contre l'antisémitisme?

Jean-Luc Mélenchon - Image d'illustration

Jean-Luc Mélenchon - Image d'illustration - Frédérick Florin - AFP

Si une large majorité de la classe politique devrait être représentée ce mardi, certains partis n'ont toujours pas été conviés.

C'est jeudi passé que l'idée d'un rassemblement transpartisan a germé dans l'esprit d'Olivier Faure, premier secrétaire du Parti socialiste.

Face à l'augmentation de 74% des actes antisémites en 2018, avec encore récemment de nouvelles dégradations dont la découverte d'une croix gammée barrant le visage de Simone Veil, 14 partis politiques, dont le Parti socialiste, La République en marche, Les Républicains, rejoints depuis par LFI, ont invité les Français à se réunir ce mardi partout en France, notamment place de la République à Paris à partir de 19 heures, pour dire "Non à l'antisémitisme".

Un rassemblement d'autant plus d'actualité que ce week-end, en marge d'un rassemblement de gilets jaunes à Paris, le philosophe Alain Finkielkraut a été pris à partie par plusieurs dizaines de manifestants qui lui ont hurlé plusieurs insultes antisémites. Ce dernier, invité dimanche sur le plateau de BFMTV, a toutefois estimé "ne pas savoir" s'il participera à la manifestation.

"Je souhaite que ce soit une manifestation qui parte d’un bon diagnostic. Si on nous refait le coup du retour des années 30, alors je n’en suis pas. Nous vivons tout autre chose, j’espère que les manifestants qui viendront en auront conscience", assure-t-il. 

Des membres du gouvernement présents? 

Malgré les appels répétés à manifester, Emmanuel Macron a confirmé son absence, assurant qu'il aborderait le sujet de l'antisémitisme le lendemain, au cours du traditionnel dîner du Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France). Ce lundi soir sur BFMTV, Olivier Faure a de nouveau invité le locataire de l'Elysée à être présent. 

En fin de journée, Matignon a confirmé la venue d'Edouard Philippe, qui sera présent lors du rassemblement parisien. Du côté de la place Beauvau, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner ainsi que son secrétaire d'Etat Laurent Nuñez participeront également. 

Au total, ce sont au moins 28 membres de l'exécutif, dont les ministres Jean-Michel Blanquer, Nicole Belloubet, Benjamin Griveaux, François de Rugy ou encore Agnès Buzyn seront présents, selon un décompte gouvernemental provisoire transmis à l'AFP.

Lors du dernier conseil des ministres, après la publication des chiffres annuels, Emmanuel Macron avait déclaré que l'antisémitisme était "la négation de la République" et que lui et ses équipes seront "intraitables vis-à-vis de ceux qui commettent de tels actes", selon des propos rapportés par le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux.

Autre présences notables: l'entourage de François Hollande a confirmé à BFMTV que l'ancien président de la République sera bien présent au rassemblement parisien. Son ancien ministre Bernard Cazeneuve sera également au rendez-vous parisien. L'entourage de Nicolas Sarkozy a également indiqué à BFMTV que l'ex-chef de l'Etat sera présent ce mardi. 

L'imbroglio France insoumise

Désaccord ou mésentente, la participation de La France insoumise restait encore en suspens à quelques jours de l'échéance. Dans un premier temps, le parti de Jean-Luc Melenchon n'avait pas été associé à l'événement, provoquant le courroux de ce dernier.

"Grossière provocation du PS qui nous écarte de la marche contre l’antisémitisme. [...] La lutte contre l'antisémitisme mérite mieux que des manœuvres politiciennes", avait-il tonné.

En réalité, l'absence de LFI relèverait d'un simple problème de communication, Olivier Faure ayant assuré avoir contacté Jean-Luc Mélenchon la semaine passée, un message resté selon lui lettre morte. 

"C'est un problème de communication avec le Parti socialiste ou peut-être de choses un peu plus désagréables parce que franchement, on n’a pas très bien compris qu’un tel appel sorte sans la France insoumise ou le Parti de gauche", estimait le député Eric Coquerel sur BFMTV. 

Au final, les Insoumis soutiennent bel et bien l'appel et se joindront à l'événement, comme l'ont dit Manuel Bompard et Manon Aubry, tête de liste LFI aux européennes. Lundi, Jean-Luc Mélenchon a également confirmé sa participation ce lundi, sans préciser le lieu exact.

Le Rassemblement national et Dupont-Aignan exclus

En revanche, le RN de Marine Le Pen a quant à lui été de facto écarté du rassemblement. Comme l'ont expliqué la semaine passé les organisateurs du mouvement, seuls les partis qu'ils jugeaient "républicains" ont été conviés. Sur Twitter, la présidente du parti d'extrême droite confirmait ne pas avoir été invitée:

"Je ne suis pas surprise des mauvais coups de ces vieux partis politiques pourris comme le Parti socialiste, qui utilise l’antisémitisme comme un instrument pour en tirer un vague bénéfice politique" estimait-elle.

Invité ce lundi matin sur l'antenne de BFMTV, le député européen écologiste Yannick Jadot a enfoncé le clou, estimant "normal" que le Rn ne soit pas présent.

"Quand vous êtes ambigu sur l'antisémitisme, quand vous êtes ambigu sur l'explosion de toutes ces haines, vous êtes complice. Vous n'indiquez plus, comme responsable politique, aux citoyens, ce qui doit être la ligne rouge à ne jamais, jamais, jamais franchir", a-t-il souligné.

Malgré tout, ce dernier à tenu à tendre la main aux "électeurs du FN, sincèrement outrés par tout ce qu'il se passe", qui seront les "bienvenus" s'ils souhaitent participer ce mardi. "Mais il faut mettre le Rassemblement national face à ses responsabilités", poursuit-il.

Dans la journée, le parti d'extrême-droite a finalement expliqué ne pas souhaiter défiler aux côté des autres formations politiques, mais que ses membres rendront un hommage séparé aux victimes des actes antisémites.

De son côté, Nicolas Dupont-Aignan, l'homme fort de Debout la France, a évoqué sur Twitter une "manipulation des partis du système". 

Hugo Septier