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J'ai décidé de repasser le bac, 18 ans après l'avoir eu

Une journaliste de BFMTV a décidé de repasser le bac, dix-huit ans après l'avoir décroché. Premier épisode de cette série qui va la suivre de ses révisions jusqu'aux résultats.

Je suis journaliste à BFMTV.com, j'ai 35 ans et j'ai décidé de repasser le bac. Il y a dix-huit ans, j'avais alors 18 ans - étant née en début d'année - et je décrochais un bac L mention assez bien. Les années ont passé et voilà que la réforme du lycée, mise en œuvre l'année dernière pour les élèves de 1ère, s'applique cette année aux élèves de terminale qui vont donc découvrir un nouveau format du bac.

Parmi les innovations de cette réforme: la prise en compte des notes du bulletin avec le contrôle continu, de nouvelles matières avec les enseignements de spécialité (trois à choisir en première pour n'en garder que deux l'année suivante, dont littérature, langues et cultures de l'Antiquité; numérique et sciences informatiques ou encore sciences de l'ingénieur). L'autre grande nouveauté, pièce-maîtresse de ce nouveau bac: un grand oral. Vingt minutes devant deux enseignants de différentes disciplines.

J'ai rêvé pendant dix ans que je repassais le bac

Alors d'un point de vue journalistique, vivre de l'intérieur ces bouleversements présentait évidemment un grand intérêt. Ça représente quoi de passer le bac en 2021? Certains se sont plaints de la lourdeur des programmes des enseignements de spécialité, c'est vraiment le cas? Ou encore, comment concrètement on se prépare à ce grand oral? D'autant que d'un point de vue plus personnel, je n'ai jamais vraiment soldé les comptes de cette année de terminale.

Ma scolarité s'est plutôt bien passée et j'étais globalement une bonne élève, les notes en dessous de la moyenne relevant de l'exception. Mais l'idée de passer le bac a représenté, comme pour beaucoup de lycéens, un abysse de stress. Je n'avais qu'une inquiétude en 2003: ne pas l'avoir. Pourtant, j'ai toujours travaillé avec sérieux et j'ai eu mon bac du premier coup. Mais visiblement, cette année de terminale a laissé des traces. Longtemps - pas loin d'une décennie je dirai - j'en ai régulièrement rêvé de ce bac. Cauchemardé, devrais-je dire.

Le scénario était toujours le même: je dois repasser le bac. Mais je ne suis pas prête ou je n'ai pas été en cours ou je ne sais absolument pas de quoi traite le sujet, je panique devant ma copie, je me dis 'c'est une catastrophe, c'est foutu, je l'aurai jamais'. Et tout à coup, je réalise que je l'ai déjà passé ce bac, que je l'ai eu, que j'ai même terminé mes études supérieures.

19 aux TPE, beaucoup moins en philo...

Avec les années, tout ça avait fini par se tasser et le stress du bac commençait à devenir un lointain souvenir. Mais la récente proposition en conférence de rédaction de cette aventure - qui a emballé les chefs, l'une de mes collègues m'a aussi demandé entre gêne et pudeur si peut-être je ne l'avais jamais passé - a réactivé tout ça. Et voilà que les rêves de bac ont signé leur retour - j'en compte déjà deux.

Mais finalement, mes craintes n'étaient peut-être pas si infondées. Car si l'ensemble de mes résultats au bac ont été plutôt corrects - 14 et 15 aux épreuves anticipées de français, 17 en sciences, 15 en maths, 11 en littérature et en histoire, 13 pour les deux langues vivantes et même un 19 aux TPE (les travaux personnels encadrés, supprimés en 2005 pour les élèves de terminale mais maintenus jusqu'en 2019 pour ceux de 1ère), cela n'a pas été le cas pour la philosophie.

Bon, on peut bien l'avouer maintenant, il y a prescription. Désolée maman, je sais que tu ne voulais pas que je rende publique cette information - "tu ne vas quand même pas dire ça à tes chefs?". J'ai obtenu 6/20 à cette épreuve. Avec un coefficient sept pour la filière littéraire, je vous laisse imaginer les dégâts que cela aurait pu causer. Sans les bonnes notes aux autres épreuves, je n'aurais peut-être pas été bachelière en 2003.

Mes résultats au bac, filière L, en 2003
Mes résultats au bac, filière L, en 2003 © BFMTV

Les 11 travaux du bac

L'objectif cette année, c'est évidemment de l'avoir. Dans l'idéal du premier coup, mais avec un travail à plein temps et un enfant en bas âge, il reste assez peu de place pour bosser les programmes. Je m'accorde donc le droit de le décrocher au rattrapage. Et puis, malgré tout, l'ambition secrète, c'est d'obtenir une meilleure note en philosophie. La moyenne serait une belle revanche.

J'ai donc ressorti mes anciennes fiches de philo que - je ne sais pourquoi - j'avais précieusement conservées. Je me suis aussi procurée les manuels des disciplines et les douze œuvres au programme de français - ne faisons pas les choses à moitié, je vais aussi repasser l'oral et l'écrit qui se déroulent en principe en fin de première.

Au total, onze épreuves m'attendent, dont le sport. J'ai choisi demi-fond et danse. J'avais deux autres possibilités: le tennis de table, mais pas pratiqué depuis dix-huit ans - et déjà pas bien glorieux à l'époque - ainsi que la natation - mais je n'ai jamais su nager autre chose que la brasse - qui auraient sans aucun doute plombé mes notes. Étant une adepte du jogging et ayant pratiqué la danse plus de dix ans (j'avais pu la choisir en option au bac en 2003, elle m'avait rapporté un 16/20), je mise sur de beaux restes.

Rendez-vous avec la redoutée philo le 17 juin

Quant aux enseignements de spécialité, je compte sur mon profil plutôt littéraire. J'ai donc opté pour humanités, littérature et philosophie ainsi que histoire géographie, géopolitique et sciences politiques. Ces épreuves doivent se tenir au mois de mars, celle de philo le 17 juin et le grand oral dans la foulée. Il me reste donc six mois pour me préparer.

Je vous raconterai la suite de mes aventures dans de prochains épisodes, des révisions aux résultats en passant par les épreuves. Stress et bachotage inclus.

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV