BFMTV

"Je repasse le bac", épisode 5: comment j'ai découvert que j'avais beaucoup trop bossé

La journaliste de BFMTV qui repasse le bac raconte dans ce nouvel épisode comment elle s'est rendu compte qu'elle avait trop révisé.

La douche froide. Alors que je m'apprête à repasser le bac, je découvre à une semaine des premières épreuves que j'ai beaucoup trop bossé.

Voilà huit mois que je gardais le cap d'un planning de révisions fixé, tenu et priorisé selon les dates des épreuves et les difficultés que certaines matières représentaient pour moi. Que je bachotais les programmes sans faire d'impasse. Que je noircissais des pages et des pages de notes. Que j'apprenais et revoyais tous les jours un chapitre différent. Que j'ai sacrément mis entre parenthèses ma vie privée. Que mes journées tournaient quasi exclusivement autour du bac - "je peux pas faut que je révise" - et que je n'étais pas loin d'être fière d'avoir respecté mon calendrier, de connaître le cycle du carbone, le principe de convergence évolutive ou l'impact de la crise de 1929. Mais patatras, j'ai bossé pour rien.

"J'ai une bonne nouvelle pour vous"

Tout est parti de mon étonnement de n'avoir pas encore reçu ma convocation à une semaine des premières épreuves - celles de langues, d'enseignement scientifique et d'histoire-géographie - maintenues pour les candidats individuels et libres contrairement aux lycéens et lycéennes qui seront cette année évalués au contrôle continu en raison de la crise sanitaire. Il y eu un tel flottement sur l'organisation des épreuves depuis le début de l'année que ce retard ne m'étonnait qu'à moitié. Un coup de fil au service des examens de mon académie a suffi à me faire déchanter.

"J'ai une bonne nouvelle pour vous, me dit-on au téléphone, vous n'avez pas d'épreuves la semaine prochaine." L'explication: ayant déjà eu le bac, je suis exemptée des épreuves de tronc commun. Soit les deux langues, les sciences, l'histoire-géo et le sport. Chose que j'ignorais.

Ce qui est loin d'être une bonne nouvelle pour moi: le programme d'enseignement scientifique est bouclé depuis belle lurette - à raison de quatre heures par jour pendant les vacances de fin d'année et d'exercices de maths résolus de haute volée - celui d'histoire-géographie - fiché, révisé, récité - m'a par ailleurs amplement occupé pendant le troisième confinement. Quant au sport, j'avais commencé à me mettre en jambes, chronométrer mes modestes performances et entamé l'élaboration de la chorégraphie - ayant choisi danse et demi-fond.

Des heures perdues

Cela n'aura servi à rien. Toutes ces heures difficilement prises à un quotidien rempli, entre le travail et la vie de famille, auront été inutiles. Sans compter qu'elles auraient pu être consacrées aux matières sur lesquelles je vais bel et bien plancher: la philosophie, l'oral et l'écrit de français, les deux enseignements de spécialité ainsi que le grand oral. Des épreuves qui arrivaient en principe plus tard - au mois de juin - et qui n'étaient donc pas prioritaires dans mon rétro-planning.

Du coup, moi qui me croyais en avance sur mes révisions me retrouve en retard. Je réalise huit mois plus tard que j'aurais pu passer toutes ces heures à réviser la philo ou préparer mon grand oral - que je n'ai d'ailleurs pas encore attaqué. Soyons honnête, je suis dégoûtée.

Et puis ce n'est pas tout. Lors de l'épisode précédent, j'évoquais les épreuves de français en première - celles-là, c'est confirmé, je les repasse bien. J'ai pris au pied de la lettre le programme affiché sur le site du ministère de l'Éducation nationale et j'ai donc lu, fiché, étudié les douze œuvres. Soit trois par objet d'étude (théâtre, roman, poésie et littérature d'idées). Il n'en fallait pas tant, une seule par genre aurait suffi. Soit seulement quatre œuvres. Je m'en suis rendu compte lors de l'échange avec la professeure de français pour l'épisode 4 de la série, mais trop tard. Le mal - si l'on peut dire - était déjà fait.

Un petit coup au moral

On ne va pas se mentir, tout ça m'a mis un petit coup au moral. Mais voyons-le verre à moitié plein: moi qui me plaignais dans le précédent épisode d'avoir l'impression de manquer de place dans ma mémoire, je vais pouvoir m'empresser de libérer de l'espace de stockage.

C'est d'autant plus rageant que j'ai - osons le mot - harcelé par téléphone le service des examens depuis que je me suis lancée dans cette aventure, angoissant de rater une étape dans la procédure d'inscription. "Vous êtes sûr que je suis bien inscrite?", "C'est encore moi, vous avez bien reçu ma confirmation d'inscription?", "Donc c'est bon, je suis fliinscrite aux épreuves alors?" Et quand Jean-Michel Blanquer, le locataire de la rue de Grenelle, a annoncé le passage au contrôle continu: nouveaux et nombreux coups de fil pour savoir si, comment et quand les épreuves seraient maintenues pour les candidats individuels et libres.

Cela fait sans doute partie des aléas lorsqu'on passe seule, sans prof pour nous orienter, un examen. Il faut rebondir: prochaine étape, la philo - épreuve lors de laquelle je n'avais pas exactement brillé il y a dix-huit ans. Rendez-vous le 17 juin, en espérant qu'elle soit maintenue.

Pour lire les précédents épisodes de la série, c'est ici. Le premier, "J'ai décidé de repasser le bac, 18 ans après l'avoir eu". Le second, "comment concilier reprise d'études et vie professionnelle". L'épisode 3, "comment se préparer au grand oral". Le quatrième épisode, "l'oral et l'écrit de français".

https://twitter.com/chussonnois Céline Hussonnois-Alaya Journaliste BFMTV