BFMTV

Rentrée scolaire: la réforme Peillon à l'épreuve du feu

Vincent Peillon prépare activement la rentrée 2013 et donnera une conférence de presse ce jeudi.

Vincent Peillon prépare activement la rentrée 2013 et donnera une conférence de presse ce jeudi. - -

La rentrée du ministre de l'Education, c'est maintenant, jeudi, lors d'une conférence de presse. Vincent Peillon doit exposer les grandes lignes de cette rentrée 2013.

Le ministre de l'Education a prévenu mardi à Lyon, que la rentrée 2013 sera "l'une des plus difficiles". Au cours d'une conférence de presse prévue ce jeudi matin à 10 heures, il exposera les grandes lignes de la rentrée du 3 septembre 2013.

De fait, plusieurs grands chantiers attendent les services de l'Education nationale. Outre les rythmes scolaires ouvrant la voie à une semaine de 4,5 jours à laquelle les Français sont de moins en moins favorables, la réforme secoue en profondeur l'institution, jusqu'à la formation des enseignants. Les défis à relever sont nombreux.

> 30.000 élèves en plus du secondaire

De l'aveu même du ministre, la première difficulté sera d'accueillir 30.000 élèves supplémentaires dans le secondaire. Pour surmonter cette augmentation, le ministre aligne la création de 3.500 postes. Mais attention, il ne s'agit pas que de professeurs. Les chefs d'établissements vont accueillir, en plus des enseignants, les jeunes qui vont occuper des Emplois d'avenir, les auxiliaires de vie scolaire supplémentaires, ou encore les stagiaires qui vont se former dans les nouvelles Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé).

Au global, primaire et secondaires confondus, ce sont quelque 6.700 postes qui seront créés.

Les syndicats voient plutôt d'un bon œil cette augmentation des effectifs. "Pour les enseignants, c'est une rentrée de l'apaisement après les cinq années connues sous Nicolas Sarkozy où on était sur un registre de la stigmatisation et d'une vision de l'école extrêmement libérale", a déclaré mercredi Christian Chevalier, du syndicat SE-Unsa.

> Passage à la semaine de 4,5 jours pour 1 élève sur 5

La carte des villes qui passeront dès cette rentrée 2013 aux nouveaux rythmes scolaires est maintenant connue. Vicent Peillon parle d'une "révolution douce". "Il ne s'agit pas simplement de revenir à la semaine de 4,5 jours", abandonnée en 2008, mais de "réduire la journée de classe", a-t-il lancé.

Près d'un quart des écoliers du public (22,5%) et 4.000 communes vont connaître la nouvelle semaine scolaire dès cette année 2013. Le principal problème est celui du financement. "On aimerait que les activités périscolaires soient gratuites", a de son côté souhaité la ministre des Sports, Valérie Fourneyron. Comment les communes vont-elles assumer le coût induit par ces activités périscolaires? Certes, les villes qui décident de basculer dès 2013, bénéficieront d'une aide incitative de l'Etat pour une enveloppe globale de 250 millions d'euros, auxquels peuvent s'ajouter, la Dotation de Solidarité Urbaine ou la Dotation de Solidarité Rurale (40 à 45 euros par enfant par an).

Quoi qu'il en soit, ce fonds d'amorçage laisse une grande part du financement à la charge des communes.

> L'ouverture des Espé, écoles de formation des enseignants

Les Ecoles supérieures du professorat et de l'éducation (Espé), ouvriront à la rentrée à raison d'une par académie, "ce ne sont ni les Ecoles normales d'autrefois, ni les IUFM revisités. Ce sont des écoles nouvelles, vous êtes les enseignants du XXIème siècle", a lancé le ministre de l'Education nationale aux futurs professeurs, réunis lundi dans un amphithéâtre de l'Université Toulouse 1 Capitole.

Mais, le ministre ne s'en est pas caché, tout reste à faire pour que ces écoles remplissent leur objectif de restaurer la formation initiale des enseignants en insistant sur la pédagogie. Pour les Espé, "on essuie les plâtres, ce ne sera pas parfait, mais aidez-nous à les améliorer", avait-il dit aux étudiants.

> Une réforme sur la longueur

"Faire une loi ne suffit pas. La vraie réforme se fera dans la classe, elle prendra du temps ", a aussi averti mardi Vincent Peillon. La charte de la laïcité ne sera d'ailleurs affichée dans les écoles qu'à la fin septembre et non en début de mois.

Réforme du collège, autonomie des établissements, école numérique, réforme des zones d'éducation prioritaires et de la carte des scolaires, réformes des programmes, beaucoup de grands chantiers restent encore ouverts.

David Namias