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Réforme des rythmes scolaires : les raisons de la grève

La réforme des rythmes scolaires inquiètent les enseignants sur de nombreux aspects.

La réforme des rythmes scolaires inquiètent les enseignants sur de nombreux aspects. - -

La grogne monte dans les rangs des enseignants qui protestent contre la réforme rétablissant la semaine à quatre jours et demi. Les points d'achoppement sont nombreux.

En dépit d'un consensus contre la semaine de quatre jours en primaire instituée en 2008, les enseignants sont appelés à faire grève mardi pour réclamer le report d'un an de la réforme instaurant le retour à 4,5 jours. Tour d'horizon des points d'achoppement.

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> 2013 ou 2014 ?

Le décret sur les rythmes scolaires, déjà publié fin janvier, prévoit le retour à la semaine de 4,5 jours en septembre 2013 ou, à titre dérogatoire, en septembre 2014.

Le principal syndicat du primaire, le SNUipp-FSU, demande un report à 2014, pour améliorer une réforme qu'il juge "bricolée", tout comme la Peep, deuxième fédération des parents d'élèves. La FCPE, première fédération de parents, veut une application dès 2013 pour le bien des élèves qui pâtissent de journées surchargées.

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> Qui animera les activités périscolaires?

La réforme prévoit des activités culturelles ou sportives, gérées par les communes, sur le temps libéré par le raccourcissement de 45 minutes en moyenne des journées. Les syndicats craignent un manque d'animateurs qualifiés, a fortiori en zone rurale, des inégalités entre territoires et, in fine, une simple "garderie".

> Samedi matin ou mercredi ?

La demi-journée supplémentaire est prévue le mercredi matin, sauf dérogation pour le samedi matin. Certains enseignants préféreraient renouer avec le samedi matin pour pouvoir dialoguer avec des parents moins pressés.

> Pause dans quels locaux ?

Des communes envisagent de rallonger la pause de la mi-journée pour organiser les activités périscolaires. Les enseignants redoutent de récupérer des enfants surexcités et moins réceptifs.

Ils se demandent aussi où ils iraient si les classes étaient utilisées pour les activités périscolaires alors qu'ils y préparent des cours.

> Vers un allongement du temps de présence des enseignants ?

Avec une journée de classe qui ne finirait pas plut tôt, plus le mercredi matin, les enseignants verraient leur temps de présence à l'école rallongé (pas leur temps de travail).

Revenir à l'école le mercredi matin entraînera des frais supplémentaires de transport et de garde d'enfants et donc une "perte du pouvoir d'achat", argumentent-ils.

> Les salaires vont-ils suivre ?

Or, les salaires des enseignants et, en particulier, ceux des instituteurs, sont faibles et baissent depuis 1995. Recrutés au même niveau (bac+5), les professeurs des écoles sont payés en milieu de carrière 600 euros nets de moins que leurs collègues du secondaire, ont peu de primes et un déroulement de carrière plus lent. Vincent Peillon est favorable à un "rééquilibrage" des rémunérations entre ces deux catégories d'enseignants.

> Est-ce suffisant pour les enfants ?

Des enseignants, parents et chrono-biologistes pensent qu'il faut raccourcir les vacances d'été et permettre un meilleur équilibre en instaurant l'alternance "7 semaines de classe/2 semaines de vacances". Vincent Peillon a promis une réforme de l'année scolaire.

Les enseignants estiment qu'il aurait fallu raccourcir davantage la journée de classe. Actuellement, les écoliers ont 6 heures de classe, parfois davantage.

> Quid du financement ?

Les élus s'inquiètent du financement de la réforme: frais de personnels, cantine, ramassage scolaire, chauffage-éclairage des écoles et équipements sportifs...

Selon des maires, la première année sera difficile, mais un fonds d'amorçage de 250 millions d'euros a été débloqué pour les communes qui passeront aux nouveaux rythmes dès 2013. L'aide est prolongée en 2014 pour les plus en difficulté.

Les collectivités ont aussi obtenu un assouplissement, pendant cinq ans, des taux d'encadrement des activités péri-éducatives. Elles réclament aussi des garanties financières de la Caisse d'allocations familiales.

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David Namias avec AFP