BFMTV

L'université de Grenoble teste une nouvelle pédagogie: les cours sans profs

L'université Grenoble-Alpes propose des cours par vidéo

L'université Grenoble-Alpes propose des cours par vidéo - BFMTV

À l'université Grenoble-Alpes, fini les cours magistraux. Et fini aussi les amphithéâtres. Depuis trois ans, la pédagogie inversée propose aux étudiants de suivre leurs cours en ligne. Un remède aux filières surchargées.

Une solution pour que tous les étudiants puissent accéder aux filières très demandées? L'université Grenoble-Alpes, qui accueille entre autres 1.200 élèves en sciences et techniques des activités physiques et sportives (Staps), teste depuis trois ans une nouvelle méthode: la pédagogie inversée. Sa formule: fini les cours magistraux et les amphithéâtres bondés. Place au numérique: tous les cours sont en ligne. 

"Ça nous permet de nous organiser dans notre travail et dans nos pratiques des activités physiques, témoigne pour BFMTV Alexandre, un étudiant en 3e année de Staps. On a vraiment cette capacité à travailler quand on veut et avec qui on veut."

Tous les cours sont en ligne

Les élèves sont autonomes. Ils apprennent les cours chez eux ou dans des salles mises à disposition par l'université. La semaine suivante, ils se retrouvent face à un professeur en petits groupes pour lever toutes les interrogations. Cette fois, c'est l'interaction qui prime. Les étudiants répondent à des questionnaires à choix multiples grâce à un boîtier. Terminé les monologues, ce qui plaît aux étudiants.

"Avec les cours magistraux, il n'y a tellement pas d'interaction avec le professeur, pointe pour BFMTV Lauriane, étudiante en première année de Staps. Même s'il essaie, c'est impossible. Il y en a forcément qui viennent juste pour être noté présent."

Concrètement, les étudiants ont accès à une plateforme en ligne, accessible grâce à des codes personnels, sur laquelle toutes les ressources pédagogiques sont disponibles. On y trouve des cours magistraux préalablement enregistrés par pastille de dix minutes, des diaporamas commentés par le professeur, des vidéos 3D et interactives.

Un taux de réussite en hausse de 10%

L'objectif de l'université: permettre à tous de pouvoir s'inscrire dans des filières très demandées, comme Staps ou médecine, alors que la sélection à l'entrée à l'université pourrait être expérimentée. Sans compter que la rentrée a été compliquée dans certaines universités, entre les problèmes d'affectation, le tirage au sort pour les filières surchargées comme Staps et médecine ou encore les classes bondées. Autre objectif: permettre aux étudiants de mieux réussir.

"L'enseignant devient essentiel dans ce dispositif mais va changer de rôle, indique pour BFMTV Henri Benoit, vice-président en charge du système d'information de l'université Grenoble-Alpes. Les enseignants vont devenir tuteurs, ils ne seront pas là uniquement pour dispenser le savoir. Ils seront là pour accompagner les étudiants dans leur formation."

Au cours du semestre, les contrôles sont réguliers pour bien vérifier que l'étudiant travaille correctement et assidûment. Une formule qui marche: selon l'université, le taux de réussite en première année aurait augmenté de 10% en trois ans.

Céline Hussonnois-Alaya avec Olivier Jouglard