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Grève des enseignants: pourquoi le service minimum est compliqué à assurer avec le Covid-19

En pleine grève à l'école, la plupart des parents ne peuvent pas compter sur le service minimum pour déposer leurs enfants. En cause: les arrêts-maladie des personnels périscolaires et l'interdiction de brassage entre les élèves.

Alors que la grève dans les écoles est très suivie ce jeudi, avec 75% de grévistes d'après le Snuipp-FSU, le premier syndicat du primaire, la loi aurait dû permettre aux parents de déposer leurs enfants à l'école primaire sans difficulté.

Mais ce service minimum d'accueil déployé depuis 2008 fonctionnera difficilement ce jeudi. Un vrai casse-tête pour les parents confrontés à la fermeture d'une école sur deux.

Des personnels municipaux malades

Première raison invoquée pour ne pas respecter cette obligation légale des maires: les arrêts-maladie pour cause de Covid. Ils touchent notamment les animateurs périscolaires chargés de s'occuper des enfants lors des grèves d'enseignants.

"On attend près de 70% de classes fermées. C’est extrêmement compliqué parce qu’on a à la fois ce mouvement de grève mais aussi cette situation sanitaire qui frappe les effectifs de l’Education nationale mais également les nôtres", explique ainsi la maire de Périgueux, Delphine Labails (PS) sur RMC.

Pas de brassage entre les classes

Second motif qui explique la difficulté à assurer ce service mimimum d'accueil: la volonté pour les maires d'éviter au maximum le mélange des enfants entre classes à l'heure du Covid-19, conformément au procole sanitaire déployé par l'Education nationale.

"Nous devons éviter à tout prix éviter un brassage des enfants pour ne pas créer un cluster qui propagerait le virus dans toutes les écoles", explique Samy Kefi-Jérôme, l'adjoint au maire en charge de l'Education de Saint-Etienne sur France Bleu.

En cas de grève, la commune ouvre habituellement un château, propriété de la ville pour accueillir les écoliers. Il y a cependant une exception pour les enfants de soignants à Saint-Etienne. Eux seront bien accueillis dans ce bâtiment communal mais ont du fournir un autotest négatif de mois de 24 heures.

L'Association des maires de France s'est, elle, fendue d'un communiqué de presse dans l'espoir d'éviter toute critique des parents, alertant en amont "sur les grandes difficultés auxquelles sont confrontées les communes pour mettre en place" ce dispositif.

Marie-Pierre Bourgeois