BFMTV

Pourquoi les enseignants du primaire font-ils grève ce jeudi?

Selon les syndicats, 75% des enseignants du premier degré ont prévu de suivre le mouvement de grève ce jeudi pour dénoncer les difficultés d'organisation liées au protocole sanitaire et le manque de communication du gouvernement.

La mobilisation s'annonce massive. Selon les syndicats SNUIPP-FSU, 75% des enseignants du premier degré ont prévu de suivre le mouvement de grève prévu ce jeudi pour protester contre les difficultés d'organisation liées au protocole sanitaire et au manque de communication du gouvernement.

"C'est un appel au secours, n'ayons pas peur des mots. Je pense qu'on est dans une extrême démotivation et on a du mal à se concentrer sur notre cœur de métier", alarme Adeline Dumez au micro de BFMTV, enseignante en grande section de maternelle depuis dix ans.

"Dès qu'on a compris les protocoles, ils changent"

Au cœur de la protestation, les changements incessants du protocole sanitaire et le manque de considération du gouvernement. En cause, l'annonce du nouveau protocole dans une interview publiée la veille au soir de la rentrée sur le site du Parisien, et le jour J dans sa version papier.

"Les protocoles déjà, on les découvre dans la presse la veille, on n'est jamais informés à l'avance, on met beaucoup de temps à les comprendre, et dès qu'on les a compris, ils changent", fustige Sylvie auprès de BFMTV, enseignante en grande section de maternelle.

"On ne fait pas une grève contre un virus"

Invité de BFMTV mardi, à deux jours de la mobilisation des enseignants, le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer a eu des mots qui ont amplifié la colère du corps enseignant.

"Je sais que c'est dur mais ça n'est pas une grève qui résoud les problèmes. On ne fait pas une grève contre un virus", a-t-il affirmé.

Dans la ligne de mire, le protocole mis en place le 3 janvier qui réclame un test PCR ou antigénique, suivi de deux autotests négatifs pour retourner à l’école, protocole légèrement allégé depuis. Une organisation toutefois décrite comme ingérable, conditionnée à un argument martelé par le ministre: maintenir les écoles ouvertes.

"On arrête pas de nous pondre des trucs qui changent tous les trois jours, nos élèves n'en peuvent plus de se faire tester, c'est juste insuportable. Les enfants en pleurent. Il y a carrément certains élèves qui commencent à ne plus venir du tout car ils ne veulent pas se faire tester", décrit à BFMTV Agnès Seiler, enseignante en grande section de maternelle.

La majorité des organisations syndicales du primaire appelent à la grève. Les syndicats annoncent une mobilisation jamais vue au cours de ces vingt dernières années.

Nina Jackowski