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Baccalauréat: sans stress, des lycéens ont quitté l'épreuve au bout d'une heure seulement

Des dizaines de lycéens, qui avaient obtenu un bon résultat lors du contrôle continu, ont quitté l'épreuve au bout d'une heure seulement.

La mythique épreuve de philosophie du baccalauréat a-t-elle perdu de sa superbe? Ce jeudi, cette épreuve marquait l'ouverture de l'examen pour 525.000 candidats des bacs généraux et technologiques, "sans stress" pour la plupart face au faible enjeu du jour.

Coronavirus oblige, les cartes du bac ont été rebattues, et le contrôle continu compte pour 82% de la note totale cette année. Si le nouveau grand oral et la philosophie comptent pour les 18% restants, c'est la meilleure des deux note qui sera conservée pour cette dernière, à condition d'avoir rendu une copie ce jeudi.

"Il me semblait indispensable que chacun travaille jusqu'au bout et que ce rituel important du bac soit maintenu le plus longtemps possible", a déclaré jeudi matin sur France Inter le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, en se défendant de tout "bac au rabais".

Terminé en une heure

Logiquement, cette pression moindre sur les élèves a donné des scènes singulières, avec des prétendants bacheliers qui parfois quittaient les salles d'éxamen au bout d'une heure, heure légale de sortie.

"J'ai un peu inventé et je m'en fichais parce que j'ai ma note de contrôle continu de 17,5/20", explique à l'AFP Roxane, 17 ans, en Terminale générale au lycée Hélène Boucher à Paris. À Lille, devant le lycée César Baggio, dès 9h, une nuée d'élèves sortait de l'écrit de philo. "On a fait semblant de travailler", lâche Naela, 19 ans, t-shirt jaune et cheveux peroxydés.

Dans le XXe arrondissement de Paris, devant le lycée Hélène Boucher, des élèves sont aussi venus en dilettante. Au bout d'une heure d'épreuve, Ryan, 18 ans a fait remarquer être carrément venu en "claquettes chaussettes", évoquant "un pari avec des amis".

"J'ai écrit un petit truc mais je sais que ma note sera celle du contrôle continu (14/20), c'est largement suffisant", selon ce lycéen en bermuda.

Du côté des professeurs, certains regrettaient le maintien de l'épreuve de philo et la possibilité laissée aux élèves de rendre copie blanche.

"Les élèves vont venir jeudi pour faire simplement acte de présence", regrette Nicolas Franck, président de l'association des professeurs de philosophie de l'enseignement public (Appep), en dénonçant une "mascarade".

#BacPhilo

Sur Twitter, de nombreux lycéens se sont moqués de la situation via le hashtag #BacPhilo. Si certains prenaient avec humour le fait de participer à une épreuve qui ne comptait pas dans leur évaluation, d'autres ont eu une pensée pour les étudiants les plus en difficulté.

"Discuter, est-ce renoncer à la violence?"

L'épreuve de philosophie donne traditionnellement, depuis les années 70, le coup d'envoi du baccalauréat. À 8 heures, 525.760 élèves de lycées généraux et technologiques ont planché sur quatre sujets au choix, au lieu de trois:

"Discuter, est-ce renoncer à la violence?", "Sommes-nous responsables de l'avenir?", explications d'un extrait de l'oeuvre de Durkheim ou de Freud figuraient parmi les sujets proposés.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV