BFMTV

Chutes de neige: le chaos était-il évitable?

Des automobilistes tentent de déplacer un camion coincé dans la neige, le 7 février 2018 à Bièvres (Essonne)

Des automobilistes tentent de déplacer un camion coincé dans la neige, le 7 février 2018 à Bièvres (Essonne) - SAMUEL BOIVIN / AFP

Conducteurs coincés, trafic fortement perturbé dans les transports en commun... Les chutes de neige ont provoqué un véritable chaos en Ile-de-France, mettant en cause la gestion de la situation par les pouvoirs publics.

Si les chutes de neige qui se sont abattues sur l'Ile-de-France mardi et mercredi ont ravi les skieurs, elles n'ont pas amusé le reste des habitants. Parmi les principaux mécontents, les 1500 à 2000 automobilistes restés bloqués dans leur véhicule sur la N118, ou encore les 600 personnes contraintes de passer la nuit de mardi à mercredi dans les aéroports et les gares. Mercredi, l'appel des autorités à ne pas circuler dans la région a entraîné la pagaille dans les transports en commun, rameutant de nombreux citoyens dans les gares, alors que le trafic était très perturbé.

"Le gouvernement a sous-estimé cette alerte météo"

Autant de dysfonctionnements qui soulèvent des questions sur la gestion de la situation par les autorités. "Il est difficile d’anticiper le nombre de centimètres de neige qui va tomber", se défendait mercredi le gouvernement par le biais de son porte-parole Benjamin Griveaux. Des propos inconcevables pour Christophe Barbier, éditorialiste à BFMTV:

"Ce qu'il dit est faux. C'est faux parce que la météo avait été précise, et l’alerte avait été donnée. Le gouvernement a sous-estimé cette alerte météo et a réagi avec retard", dénonce-t-il.

Pour l'éditorialiste, s'il n'y avait pas de raison d'adapter en amont les infrastructures, en achetant par exemple des dizaines de sableuses "au cas où" un épisode neigeux d'une telle ampleur aurait lieu, le gouvernement a fauté dans sa communication, pas suffisamment ferme et préparée en amont:

"Il faut préparer les gens, en les prévenant qu'il va neiger et qu'ils n'auront pas l'autorisation de circuler en voiture s'ils n'ont pas de pneus neige. C’est exactement ce que l’on nous fait subir quand il y a des pics de pollution. Ce n’est pas plus grave ou moins grave qu’une alerte neige, donc il faut dire aux gens qu’ils ne pourront pas sortir leur véhicule du garage".

Manque d'informations

Une communication qui aurait pu, entre autres, s'appuyer sur les nouvelles technologies pour atteindre le plus grand nombre.

"Quand on était dans le maelström, il fallait mieux informer les gens. Les services publics dépensent des millions d’euros en applications modernes, en sites d’alertes. En finalement quand il y a un pépin, personne n'est averti. Soit les gens regardent BFMTV, soit ils font confiance aux applications collaboratives, c’est-à-dire aux réseaux sociaux, à l’entraide, quand ils sont coincés dans leur voiture. Et comme toujours, c'est ça qui a le mieux fonctionné, c’est la solidarité des Français entre eux, qui a été épatante", estime Christophe Barbier.

L'éditorialiste propose même l'instauration d'un "jour férié neige" pour éviter le chaos sur le territoire en cas d'importantes chutes de neige.

"Et si on décrétait un jour férié neige, puisque ça n’arrive que tous les quatre ou cinq ans? Ce serait intéressant que le gouvernement puisse dire 'il va neiger demain, donc jour férié, et on rattrapera ce jour férié plus tard'. Par exemple on pourrait en contrepartie renoncer à un jour férié pendant les beaux jours, comme le lundi de Pentecôte. Le gouvernement n’ose pas faire de telles annonces parce qu’il a peur de la colère des Français. On est bon sur certaines alertes, comme les alertes canicule par exemple, qu’on surestime. Peut-être parce que ça a coûté son poste à un ministre en 2003".

Céline Penicaud avec Christophe Barbier