BFMTV

Après un sursaut de mobilisation, les gilets jaunes pensent à de nouveaux modes d'action

Des gilets jaunes mobilisés samedi 5 janvier à Lille

Des gilets jaunes mobilisés samedi 5 janvier à Lille - Philippe Huguen - AFP

En connaissant un regain de mobilisation lors de la première journée de mobilisation nationale de l'année, les gilets jaunes se sentent pousser des ailes. Pour continuer sur cette lancée, ils souhaitent multiplier et diversifier leurs opérations.

C'était une journée test, décisive d'une certaine manière, qui en appelle de nouvelles. Avec près de 50.000 manifestants recensés à travers la France samedi, selon les calculs du ministère de l'Intérieur, les gilets jaunes ont réussi leur pari: celui de maintenir leur contestation. Tout en la ravivant avec un regain de mobilisation.

Depuis la forte mobilisation du 17 novembre, le nombre de protestataires n’avait cessé de baisser semaine après semaine. Mais ce samedi 5 janvier, les chasubles dans les rues étaient plus nombreuses que lors de l’épisode précédent, où 32.000 personnes avaient été comptabilisées. Une première. Signe que la "trêve" des vacances de Noël n'a pas mis un terme au mouvement. Et que la crise continue.

Quel avenir pour le mouvement?

Afin de capitaliser sur ce retour, certaines branches du complexe mouvement organisent déjà l'avenir de leur lutte. Le désormais habituel rendez-vous contestataire du samedi, surnommé "Acte 9" par ses partisans, pourrait ainsi se dérouler pour la prochaine fois "au centre de la France", à Bourges, selon l'appel de La France en colère sur Facebook, groupe où officie notamment Eric Drouet.

Une nouvelle manière de brouiller les pistes? Officiellement, l'idée serait de limiter les coûts pour les personnes qui viennent de loin et ne peuvent pas se permettre de rejoindre Paris tous les week-ends. La prudence reste de mise: c'est cette même page qui avait évoqué une manifestation à Versailles, prévue le 22 décembre, pour finalement appeler ses membres à rejoindre la butte de Montmartre, avant de déambuler dans Paris. D'autres canaux appellent par ailleurs à un rassemblement place de la République, ce samedi, à 14 heures.

Des actions d'autres jours de la semaine?

Au-delà des gilets jaunes qui occupent de manière permanente des ronds-points et bords de routes, les journées de mobilisations elle-mêmes pourraient évoluer et ne plus se dérouler uniquement le samedi avec "des opérations les mercredis".

C'est ce qu'annonce dans Le Figaro Maxime Nicolle, connu sous son pseudonyme "Fly Rider" et pour être l'une des figures les plus radicales du mouvement. Fait inédit, des femmes gilets jaunes ont par ailleurs manifesté dans plusieurs villes du pays, ce dimanche, pour faire entendre "d'autres voix" de leur contestation. Une démarche amenée à se répéter?

Partout en France, des assemblées générales se déroulent pour décider de l'après. Là aussi, les révoltés sont divisés. Certains veulent durcir leur mode d'action, quand d'autres martèlent le besoin d'être pacifiques, comme le montre par exemple La Dépêche, qui a assisté à l'une de ces réunions à Toulouse. Des calendriers d'actions à mener par semaine y sont notamment décidés:

Des suites politiques

Dans l'air depuis quelques semaines, la politisation de certains membres du mouvement s'est concrétisée ce week-end et en ce début de semaine. Samedi, une réunion de plusieurs gilets jaunes souhaitant donner une nouvelle forme à leur action s'est déroulée à Marseille, dans des locaux de La Provence prêtés par Bernard Tapie. Malgré les pressions et menaces d'autres gilets jaunes hostiles à cette initiative, le but était pour Hayk Shahinyan de créer "Les gilets jaunes: le mouvement" et ainsi se présenter aux prochaines élections européennes.

Une opération similaire réalisée par Jacline Mouraud, célèbre pour son coup de gueule très relayé au début de la crise, et qui compte prochainement lancer sa propre formation politique: les Émergents.

Jérémy Maccaud